Patrick Fonjallaz – Lavaux – 2005 (le vin du vendredi)

Je n’ai malheureusement pas eu la joie de me rendre au salon Arvinis cette année en raison d’un souci de santé personnel mais je dois avouer que les vins suisses m’impressionne de plus en plus. La qualité des vins, des viticulteurs et des terroirs méritent un dossier plus précis dans un futur numéro d’Anthocyanes.

Rattrapons nous avec ce vin dégusté il y a quelques jours. Issu de la région du Valais, le Domaine Patrick Fonjallaz figure parmi les plus vieux domaine transmis de père en fils. La filiation remonte jusqu’à 1531, avec Pierre Fonjallaz le fondateur.

La région du Valais

Six appellations (Lutry, Villette, Epesses, St-Saphorin, Chardonne, Vevey-Montreux) et deux crus (Dézaley, Calamin) se partagent les 800 ha du vignoble de Lavaux implanté sur une trentaine de kilomètres entre Lausanne et Montreux.

Le cœur du vignoble bat sans conteste au Dézaley, là où la pente atteint 80%. Ce cru réputé constitue aussi le centre géographique de la zone. Il est encadré, en allant vers l’ouest, par Epesses et Calamin, puis Villette et enfin Lutry aux portes de Lausanne. Vers l’est, le Dézaley s’appuie sur St-Saphorin que suivent Chardonne et Vevey-Montreux.

Groupé et compact dans les appellations Epesses et St-Saphorin, le vignoble de Lavaux a subi durant un siècle la concurrence de l’urbanisation sur ses ailes est et ouest. On le regrette maintenant mais il faut aussi comprendre l’attrait extraordinaire de ce paysage unique célébré par Rousseau, Byron, Kokoschka et tant d’autres artistes. Peut-on reprocher à Charlie Chaplin et à de nombreux admirateurs d’avoir voulu y vivre ? Ce grignotage des vignes  est aujourd’hui stoppé pour le bonheur des amateurs de grands vins.

L’autre grand atout de la région valaisienne est sa géologie. Deux types de sols se partagent l’appellation. A l’est du vignoble, l’argile domine et repose sur des couches marneuses instables.

Les parcelles, depuis des siècles, glissent imperceptiblement le long de la pente et font gonfler le bas du coteau, alors que le point de rupture originel reste bien visible tout au sommet, au pied de la forêt. Les vins produits, amples, virils, riches en sève, exigent quelques mois de bouteille pour révéler toutes leurs qualités.

Les sols graveleux et sableux occupent l’ouest de l’appellation et donnent des vins qui évoluent en général plus rapidement. La finesse prend alors le pas sur l’ampleur. C’est le charme de la jeunesse opposé à la complexité de l’âge mûr.

Quelle belle surprise que ce vin de cépage Garanoir Vaudois 2005. Ce cépage a été dans la ville de Changins par André Jaquinet à partir des cépages Gamay et Reichensteiner (cépage ancien d’Allemagne qui représente moins de 200 ha aujourd’hui). Du Gamay il a gardé la fraîcheur et le fruité.

Patrick Fonjallaz – Lavaux Epesses – Garanoir Vaudois – 2005 :  Joli nez de griottes, sous bois, fraises et très légèrement fumé. Aromatique fraîche et subtile. Élégant droit avec des tanins un peu secs mais agréables Belle fraîcheur jolie acidité pureté et finesse. Très étonnant pour l’âge, beau fruité. Très joli vin. 

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