2017 une climatologie injuste

2017 une climatologie injuste

D’un côté un gel mordant, vif, destructeur, de l’autre des orages de grêle et pour finir une humidité excessive avec près de 100 mm d’eau tombés en un mois. Telles sont les conditions climatiques d’un millésime 2017 bordelais que l’on sait difficile.
Mais à la dureté du métier, s’ajoute la totale injustice de Dame Nature.
Le gel sournois a frappé dans les endroits les moins bien protégés. Les grands terroirs, ceux qui produisent les meilleurs vins, ont été dans leur grande majorité épargnés. La langue de terre proche de l’estuaire de la Gironde ou les beaux coteaux de Saint-Émilion (sans oublier le plateau calcaire et Pomerol) n’ont pas souffert de froidure excessive. À contrario, les plaines alluvionnaires et les terroirs plus communs ont connu des dégâts importants.
Et sur un vignoble fragilisé par le gel sont venus s’abattre quelques orages de grêle à la fin aout. Le weekend dernier, c’est au tour des pluies océaniques d’entrer dans le jeu du millésime. Et je laisse imaginer ce que peut faire autant d’eau sur des vignes déjà passablement amoindries par une climatologie hostile.
Alors les vignerons pansent leurs plaies et préparent des jours qui s’annoncent difficiles. Il n’a jamais été aussi important de soutenir les « petits propriétaires » comme on les nomme tantôt de manière affectueuse, tantôt de manière dédaigneuse comme pour leur faire prendre conscience de leur petitesse. Ce sont eux qui vont souffrir, pas nous.
Que ce soit lors des Foires aux Vins, chez nos cavistes ou directement à la propriété, il est plus que jamais indispensable de soutenir cette viticulture qui souffre dans sa chair et dans son sang. Une viticulture de labeur, que l’on entend peu et qui travaille autant, si ce n’est plus, que ses illustres collègues.

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