8000 hectares de vins sans AOC, ni IGP en France en 2016 ?

8000 hectares de vins sans AOC, ni IGP en France en 2016 ?

C’est une boîte de Pandore qui s’ouvre sans savoir si elle pourra être refermée un jour. La France va pouvoir étendre son vignoble d’environ 8 000 hectares sans que les vins ainsi produits soient soumis à appellation. Une première !

Ce Mercredi 16 Décembre, toutes les régions viticoles françaises ont présenté leur demande « d’autorisation de plantations » auprès de FranceAgriMer. Soumis à accord du ministre de l’agriculture et à la décision de la commission européenne, la France pourra augmenter la superficie de son vignoble de près de 1%.

Ce chiffre, si il n’est pas alarmant en soi, doit être regardé avec prudence et un minimum de circonspection. En effet, il ne s’agit pas d’augmenter les superficies de vignes en AOC mais bien de proposer un nouveau modèle, sans AOC ou IGP, pour permettre aux négociants de proposer des vins plus abordables, sans les contraintes des AOC. Jusque ici, il était interdit de planter de la vigne sans autorisation en Europe (sauf dérogation). Il sera désormais possible de planter n’importe où en France, sauf restrictions dûment justifiées. La Bretagne ou le Pas-de-Calais pourraient ainsi devenir zones de production de vins !

Evidemment, deux camps s’affrontent. Les vignerons, soucieux de garder le modèle des AOC ou IGP qui a fait la renommée des vins français et les négociants et metteurs en marché qui souhaitent bénéficier de vins moins onéreux, plus faciles à vendre pour, disent-ils, voir l’émergence de marques fortes. Bizarrement, Michel Chapoutier, chantre des terroirs en Hermitage et président de l’Umvin (Union des maisons et marques de vin) est favorable à une telle démarche.

Les premiers à être contre le projet sont les champenois. Eux qui n’ont pas réussi à faire agrandir leur zone de production, s’inquiètent de la pérennité de leur modèle. « Nous voulions demander zéro autorisation de plantation. On nous a répondu que le zéro n’existait pas. Donc on a demandé 0,1 hectare » admet Pascal Pérot, Président du Syndicat général des vignerons de Champagne (SGV) dans un article au journal Le Monde.

Les régions ont le droit de restreindre l’autorisation de nouvelles plantations dans leurs zones de production et ne se sont pas gênées. Ainsi, Bordeaux à limiter à 400 hectares, l’Alsace à 30 hectares, la Bourgogne à 300 hectares, la Loire à 260 hectares, le Rhône à 800 hectares ou encore la Provence à 200 hectares.

Mais en dehors de ces zones actuelles de plantation, quid des possibilités qu’ouvre désormais cette loi en devenir ? Quid du formidable système de production qualitatif des AOC ? Même si ce dernier est loin d’être parfait, les acteurs du monde du vin semblent oublier que le vin français s’est bâti sur une réputation de qualité au détriment de la quantité. A suivre.

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