Ah ! Les ventes aux enchères

La dernière mode parisienne ou en vogue dans les milieux branchés de Paris sont les ventes aux enchères publiques. Les différentes maisons ont réussies, ces dernières années, à transmuter leur image « ringarde », de fossoyeur capitaliste des malheurs des entreprises (rappelons que les ventes aux enchères provenaient de saisies ou de liquidation judiciaire) en une danse alléchante, très sélect ou le citadin, comme le paysan, viennent s’encanailler et se procurer des frayeurs et des émotions dont la vie quotidienne fait cruellement défaut. Bref, les ventes aux enchères sont sélect, jazz, fun ou hype, comme on dit aujourd’hui.

La maison Artcurial pour se différencier réalise de nombreuses ventes aux enchères décalées ou ventes aux enchères de prestige. Ce 19 Décembre ce sont des produits de grande classe qui seront mis en vente. Des tableaux ? non ! Du mobilier ? non ! Des grands crus classés ? mais non ! Le nec plus ultra des produits gastronomiques. Bruno Verjus, écrivain et gastronome a listé non moins de 139 lots pour le quidam en mal de sensations gustatives. De la sardine au caviar, en passant par un piano La Cornue…Des coqs de Barbezieux élevés à la ferme de La Ruchotte en Côte d’Or, des côtes de Limousines de plus de 60 jours de maturation, les foies gras de Robert Duperier, dont on nous affirme, qu’ils seront éviscérés le matin même (signe si il en est d’une qualité de grand aloi !!!!).

Bref, du lourd, pour cette vente aux enchères d’un nouveau genre. Le seul point positif à mon avis est que le citadin parisien en manque d’orgasmes alimentaires fera une bonne action en reversant le pécule offert pour les enchères au Resto du Coeur (oui oui ! pour que les pauvres mangent des pâtes !) et à l’association Femmes d’Avenir.

Même si je suis un peu ironique (si si) convenons que l’idée est intéressante et ne manque pas d’intérêt pour l’amateur gastronome. D’autant que ces derniers temps les vente aux enchères ne sont pas un paradis vierge dans lequel tout est beau et magnifique. L’explosion de ces dernières entraine l’appétit des indélicats et fait exploser les bouteilles factices. En ce moment, une vague de faux Coche Dury est en train de passer sur les experts des ventes. Les bourgogne de l’illustre vigneron ne sont pas marqués au niveau du bouchon, ce qui laisse toute liberté aux faussaires, pour remplacer une étiquette de Bourgogne par celle d’un Puligny, Meursault voire Corton.

En tout état de cause, les ventes aux enchères, sont désormais les rendez-vous people où il convient d’être. Grâce à elles, de nombreuses personnes peuvent placer leur argent sans aucune question. Que le vie est dure….

Ambroise Chambertin

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