Aimé Guibert vient de nous quitter.

Aimé Guibert vient de nous quitter.

2016 est décidément une ‘annus horibilis’ pour les grands vinificateurs et grands hommes du vin. Aimé Guibert n’est plus. Hommage :

S’il est un personnage qui révolutionna les vins du Languedoc, Aimé Guibert est de ceux-là. Légende de la viticulture languedocienne, il a réussi à imposer son chef-d’oeuvre, Mas de Daumas Gassac, parmi les vins les plus qualitatifs et les plus intéressants de France à une époque où faire de la qualité n’était pas la norme.

En 1970, Aimé et son épouse Véronique visitent la vallée du Gassac et repèrent le vieux mas de la famille Daumas. Vous comprenez, dès à présent, le nom. Puis, Henri Enjalbert, chantre des terroirs de la rive droite de Bordeaux, se rend sur place pour étudier le sol et découvre un terrain de grèzes glaciaires avec un climat favorable à la culture de cépages bordelais.

L’aventure commence à grand renfort de cépages non autochtones, une hérésie en ces temps difficiles qui lui vaudra bien des inimités. Le 13 Septembre 1978, c’est au tour d’Emile Peynaud, le grand Monsieur de l’oenologie bordelaise, de découvrir le domaine décidant de suivre « à distance » et par téléphone les vinifications. Deux caractères forts, cela fait inévitablement des étincelles.

Les premières années sont compliquées, jusqu’à que le guide Gault&Millau fasse un éloge dithyrambique des vins de Daumas Gassac. S’ensuit le début de la gloire avec une diversification en blanc en 1986 et un intérêt de plus en plus fort pour les vins du domaine, notamment à l’international.

En 2001, le domaine produit une cuvée spéciale Emile Peynaud, 100% Cabernet Sauvignon.

Puis vint l’aventure Mondavi. Aimé Guibert fait tout ce qu’il peut pour éviter l’installation à Aniane du groupe Mondavi. Réflexe salutaire ou défense du pré carré, nul ne le sait. L’histoire en a décidé autrement. Le film Mondovino mettra en scène notre homme avec une gouaille, une énergie, un dynamisme hors du commun, peut-être jusqu’à la caricature.

Aimé Guibert était un caractère, un personnage. Daumas Gassac lui doit tout. Ses enfants et petits-enfants continuent l’oeuvre accomplie par le patriarche et comme il aimait à le dire : « on ne peut donner que deux choses à ses enfants : des racines et des ailes ». A eux de faire leur, le patrimoine, à eux de rêver.

Aimé Guibert est décédé à l’âge de 91 ans, dans la nuit du 14 au 15 Mai 2016. Toutes nos condoléances à la famille.

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