En Alsace, une image vaut mille mots

En Alsace, une image vaut mille mots

 

Grunewald_Isenheim2%20Annonciation%20resurrection« Une image vaut mille mots » est un dicton attribué au philosophe chinois Confucius.

Il pourrait servir d’exergue au voisinage récent à Colmar, le dimanche 12 juin, d’une légendaire œuvre d’art habitée par une foi mystique, et d’une dégustation de haut niveau organisée par une association de vignerons alsaciens réunis par leur propre foi fervente dans la singularité des terroirs de leur région. Il s’agit d’un côté du Retable d’Issenheim réalisé par Grünewald au début du 16ème siècle, aujourd’hui exposé au musée Unterlinden établi en 1853 dans la chapelle de l’ancien couvent des Dominicaines. De l’autre, dans un grand espace lumineux jouxtant une salle d’exposition du musée qui vient de rouvrir ses portes après trois ans de travaux de rénovation et d’extension par les architectes Herzog et de Meuron, une présentation de vins par ACT (Alsace Crus et Terroirs). Créée en novembre 2015 et présidée par Séverine Schlumberger, cette association regroupe 19 vignerons exigeants et déterminés à donner une plus grande notoriété aux meilleurs vins de leur région et au métier de vigneron. Ces évangélistes de la grappe soignée comportent dans leurs rangs serrés des domaines comme Trimbach, Zind-Humbrecht, Albert Mann et Boxler.

Le soir, une poignée des domaines membres de l’ACT ont pu servi une sélection de leurs vins au dîner ayant lieu à l’Auberge de l’Ill, l’occasion d’ailleurs de faire un toast avec un verre de riesling cuvée Frédéric Emile 375ème Anniversaire 2001 – un vin rare ayant brillé sur un plat de homard breton dans un bouillon aux herbes thaï – à son producteur Pierre Trimbach qui sur le coup de minuit pouvait commencer à fêter ses soixante ans.

Le lendemain a débuté au Parc des Expositions le Salon Millésimes Alsace, fondé en 2012 par l’homme d’affaires Marc Rinaldi qui par la suite a acquis en janvier 2015 le domaine Martin Schaetzel, qui est membre de l’ACT. Ce salon, organisé conjointement par le CIVA et Colmar Expo, a lieu tous les deux ans. L’édition 2016 a réuni une centaine de domaines et organisé des master class sur les accords mets et vins en trois langues, dont une en français animée par Olivier Poels. Le but était de démontrer l’étendue des accords mets et vins d’Alsace qui vont bien au-delà des sempiternels clichés des mariages riesling/choucroute et gewürztraminer/foie gras. La démonstration la plus convaincante était en effet l’accord audacieux d’un autre grand vin de Trimbach, cette fois-ci son riesling Cuvée Frédéric Emile 2009, avec un tartare de boeuf agrémenté d’une touche artistique d’huile d’olive, de soja, de menthe, de gingembre, et de coriandre. Tout d’un tableau, de quoi bien secouer l’image des vins d’Alsace.

Eric Riewer

 

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