Après le nouvel an chinois que feront les bordelais ?

La semaine dernière, le nouvel an chinois, a promu l’année du Dragon. Le Dragon 龙 (lóng), symbole de l’empereur de Chine est plus excentrique que les autres, idéaliste, et né avec l’idée qu’il est parfait et inflexible. Ils est également agressif et déterminé ; faire ce qu’il veut est une seconde nature chez lui. Il s’entend bien avec le Singe et le Rat, et très mal avec le Chien…

Toutes ressemblances avec des dégustateurs ou des vignerons connus seraient fortuites… D’autant que nous ne sommes pas les auteurs de cette description !!!

Sérieusement, cette nouvelle année (chinoise et occidentale) va, peut être, représenter un tournant dans la consommation de vins. Les consommateurs chinois sont en désamour avec les grands crus de Bordeaux. Symbole de ce désamour, le Château Lafite Rothschild, perd environ 30 à 40% de sa valeur sur les marchés par manque d’acheteurs. Et certains investisseurs chinois, délaissent le bordelais où les prix de la terre sont exorbitants pour s’intéresser à la Bourgogne et notamment à Vosne Romanée, comme le suggère Antoine Gerbelle dans l’un de ses tweets.

La cause de ce manque d’intérêt, réside, à notre avis de plusieurs raisons :

  • Les consommateurs chinois aiment le luxe car il est rare. De fait, les GCC de bordeaux avec une production importante (Lafite R. possède environ 100 hectares) sont légèrement boudés.
  • Les consommateurs chinois sont de plus en plus amateurs de vins et par définition se renseignent sur les vins. Ce qui permet de comprendre la première raison.
  • Les consommateurs chinois ne sont pas de benêts. Et oui….n’en déplaisent à certains, les classes moyennes chinoises, forte consommatrice de vins, suivent les critiques, s’informent, se forgent une opinion. Impossible, dès lors, de leur vendre n’importe quoi et surtout à n’importe quel prix….
Je ne sais pas si l’incidence de l’intérêt chinois pour la Bourgogne aura un impact majeur sur les ventes (nous verrons cela lors des Grands Jours de Bourgogne), mais il est un facteur à prendre en compte pour les Grands Crus bordelais. Du 2 au 6 Avril auront lieu les dégustations primeurs à Bordeaux. Cette grand messe, qui rassemble le monde entier pour déguster un millésime en cours d’élevage, est un moment pour les propriétaires dans la fixation de leurs prix. Plus la demande est importante, plus le prix est important. Logique !  Mais avec le désintérêt des chinois pour les Grands Crus et les tensions d’un marché, quoi que certains disent, très spéculatif, que vont faire les bordelais cette année ? D’aucuns annoncent une baisse importante tandis que d’autres souhaitent une baisse « souple »…. Il est certain que les prix descendront, mais le jeu consiste à connaître le niveau plancher de la baisse. Les metteurs en marché anglais souhaitent que les prix reviennent en dessous des 2008 alors que le place bordelaise annoncent des prix légèrement inférieurs au 2009.
Une chose est certaine, dans ce jeu de dupe, c’est que le marché des Bordeaux joue son avenir dans une conjoncture économique défavorable. Les propriétaires bordelais, plus proche de la finance que des vignes, seront-ils prendre la mesure de l’évènement ?
Réponse vers le mois de Mai/Juin pour les sorties Primeurs….
Yohan Castaing

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