Beaucastel une première approche

Le Château de Beaucastel est l’une des deux vigies de Châteauneuf du Pape. Avec son rival, Rayas, il ne cherche pas à rivaliser mais, intelligemment, à posséder sa propre âme. Situées sur des terroirs de grande qualité, les vignes proposent une forte dominante de Mourvèdre, fait rare dans la région. C’est toute la différence de Beaucastel. Avoir appris à maîtriser un cépage complexe qui demande beaucoup de travail à la vigne car capricieux.

On parle souvent des galets roulés de Châteauneuf et Beaucastel les mets en avant sur son site Internet. Mais les terroirs du domaine sont plus argileux qu’il n’y parait. Le Mourvèdre a besoin d’avoir les pieds au frais pour pleinement s’exprimer et éviter les vins trop alcooleux et lourds. Et c’est toute la magie de la famille Perrin que d’avoir su, au fil des ans, conserver ce beau cépage dans les terres idoines. Là où Rayas est un terroir de sables, je dirais que Beaucastel affirme sa personnalité grâce aux argiles de ces Mourvèdre.

Quoi qu’il en soit, Beaucastel reste un monument dans la région. L’amateur éclairé se doit de posséder quelques bouteilles afin de les oublier dans la cave. Beaucastel à besoin de temps. Au moins 20 ans dans les meilleurs millésimes, 10 ans dans les millésimes moins complexe. La puissance, l’onctuosité et l’amplitude qui se dégage des vins est un véritable appel à la lenteur. Lenteur de la dégustation (Beaucastel se déguste avec un repas dominical en prenant le temps de vivre) et lenteur de la conservation. Si Rayas, avec sa fraîcheur, son élégance et sa finesse, demande du temps pour parfaitement lié ses 3 terroirs, Beaucastel a besoin de temps pour se donner entièrement. Pour laisser de côté ce côté ample et dense au profit d’une harmonie de saveurs et une régularité de toucher de bouche. Beaucastel à de l’allonge et de la matière à revendre.

Pour vous donner une première approche de ce fabuleux domaine, je vous propose les notes de dégustations prises en compagnie de François Perrin. La dégustation n’a pas été effectuée à l’aveugle et les millésimes récents ne sont pas mentionnés car ils apparaîtront dans le numéro d’Anthocyanes du mois d’Octobre.

Château de Beaucastel – Châteauneuf du Pape – 2009

Le nez offre de très beaux arômes de pivoine, de rose et une très belle complexité aromatique sur les fruits noirs. Très beau toucher de bouche avec de la droiture et beaucoup de fraîcheur. La fin de bouche est aérienne, taffetas avec quelques notes kirschées. Les tanins apportent de la suavité et de la structure tout en étant parfaitement enveloppés. Très belle amertume de fin de bouche. De la fraîcheur et de la race pour ce 2009 qui peut être dégusté dès à présent.

Château de Beaucastel – Châteauneuf du Pape – 2008

Nez très floral avec une dominante de rose et de pivoine. Gourmand et croquant avec une très belle aromatique. Une belle fraîcheur, un côté cristallin. De la gourmandise à l’état pur. Ce 2008 n’a pas la structure et l’ampleur d’autres millésimes mais il apparaît comme un très beau vin pour le millésime. Belle digestibilité, plaisir immédiat.

Château de Beaucastel – Châteauneuf du Pape – 2007

Nez fermé dans sa phase d’austérité et de repli sur lui. Toutefois il laisse entrevoir une très belle aromatique de fruits noirs, de truffes, d’encre de chine et quelques fragrances de réglisse. Très belle maturité de raisins qui apporte une fraîcheur et de la complexité. Le toucher de bouche est taffetas, ample et velouté. Sans nul doute un très grand vin de garde à laisser absolument vieillir un minimum de 20 ans pour lui laisser le temps de pleinement s’exprimer. Du grand art !

Vous retrouverez dans la revue Anthocyanes, les millésime 2010, 2011 en rouge et blanc avec notamment les cuvées Hommage à Jacques Perrin 2010 et Vieilles Vignes 100% Roussane 2010.

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