Bio ou pas bio ? 2016 aura la réponse.

Bio ou pas bio ? 2016 aura la réponse.

Cela ne vous aura pas échappé, c’est l’heure des vendanges. Dans certaines régions, les plus précoces, les raisins sont déjà rentrés, dans d’autres, comme à Bordeaux, c’est imminent.
2016 est d’ores et déjà un millésime nait dans la douleur. Douleur d’un printemps pluvieux et froid sur la quasi totalité de la France, douleur d’orages virulents de grêle (Beaujolais, Chablis) ou de gel (Bourgogne). Bref, annus horribilis.
Si la grêle et le gel sont des épisodes particulièrement intrusifs et très traumatisants dans la vie d’un vigneron, après la soudaineté de l’épreuve, il convient de reprendre espoir en la vie. Par contre, la lutte contre les champignons cryptogamiques, l’oïdium et le mildiou, est plus insidieuse. C’est une lutte de chaque instant qui s’opère.
En 2016 donc, elle fut acharnée. L’humidité constante, les pluies, les journées parfois chaudes, parfois fraiches et le peu de vent ont été les déterminants d’une pression cryptogamique importante. Sans cesse, le vigneron a dû combattre un fléau dont il ne voyait pas la fin.
Très vite en ce début d’été les rumeurs se sont faites insistantes. Beaucoup de vignerons en culture biologique auraient utilisé des produits de synthèse pour venir à bout du combat. Résultat, nombre d’entre eux se sont résignés à perdre le label.
J’allais m’enquérir, au cœur de l’été, auprès d’Ecocert et de l’Agence Bio de telles rumeurs. Devant le refus courtois de l’organisme indépendant et de l’agence étatique, ces ouï-dire faisaient leur chemin dans mon esprit. Malheureusement, les quelques vignerons interrogés nièrent le réel.
Les rumeurs devinrent des faits lorsque l’AFP, par la voix du vigneron bourguignon Vincent Dureuil-Janthial, de Rully, publia un communiqué où la vérité éclata : « c’est la décision la plus difficile que j’ai eu à prendre » affirme Vincent avouant avoir utilisé des produits de lutte interdits dans le cahier des charges pour sauver son entreprise. « J’ai pris une décision de chef d’entreprise. Avec une exploitation de 20 hectares à faire tourner, six salaires à payer, les emprunts, les fermages, je n’avais pas le droit de risquer de perdre le peu de récolte qui restait à sauver » avoue-t-il dans une vérité poignante.
Que grâce soit rendue à ce vigneron, des plus talentueux de surcroit, pour avoir dit la vérité, toute la vérité dans sa plus cruelle nudité. Oui, 2016 est un millésime complexe et l’on peut aisément comprendre qu’un viticulteur, en chef d’entreprise, essaie de sauver son exploitation en passant au dessus de ses convictions. Cela ne fait pas de lui un malhonnête. Juste un homme, un paysan qui veut sauver sa récolte. Gardons-nous de les juger lui et ses pairs.
Et espérons que pour l’ensemble des viticulteurs français, les vendanges 2016 se dérouleront sous un soleil radieux pour effacer, un peu, la dure réalité du printemps !

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