Le Cahors, c’est pour les cocktails.

Le Cahors, c’est pour les cocktails.

7Jours-DivoBeachDans le fouillis des informations qui nous assaillent chaque jour, il en est une qui ne passe pas inaperçue. Le très talentueux Vincent Pousson vient d’en faire un billet, et même si tout est déjà dit, j’en rajoute une couche.

Désormais Cahors devra rimer avec cocktail. Bien difficile rime pour un vin qui souhaite redorer son image de gros rouge de chasseurs et mettre ses terroirs en avant.

Précédemment, la stratégie de Cahors était de rivaliser avec l’Argentine par l’entremise d’un cépage commun, le malbec. Les premières journées du malbec eurent lieu, j’y étais en tant que consultant en marketing pour une information lexicale sur les réseaux sociaux. Inutile de dire que j’ai côtoyé, et l’interprofession, et les différents intervenants. Déjà à l’époque, j’avais osé dire mon hilarité devant une telle bêtise. Croire que les argentins accepteraient de laisser le malbec aux seules mains de français, c’était bien méconnaître les velléités d’internationalisation d’un « pays émergent » comme on les appelle avec un certain dédain.

Par la suite, la conquête du vin noir, autre gimmick des penseurs du marketing vinaire pour mettre en avant le vin de la région. Un flop.

Une stratégie marketing de haut-vol.

Jérémy Arnaud, le chantre du marketing cadurcien, celui-là même qui préside aux destinées de l’appellation, décide de faire du Cahors, un vin de cocktail. « Je suis parti du constat simple, dit Jérémy Arnaud, que la consommation de cocktails est une tendance chic et non pas une mode. Cette tendance pouvait servir de levier au vin de Cahors pour que l’on sorte des cocktails type sangria ou fénelon. Je voulais qu’on tente de créer une nouvelle recette de cocktails intégrant du vin de Cahors ou du jus de malbec. Utiliser le cocktail pour introduire le mot Cahors. Le cocktail, c’est un enjeu d’image, avec un côté facile à boire ». Bref, des « éléments de langage » pour communicant en mal de raisonnement.

J’ai appris et pratiqué le marketing pendant des années avant de m’orienter vers le journalisme pour des raisons facilement identifiables. Dès lors que l’on apporte une once de raisonnement un tant soit peu qualitative, on se frotte aux barrières des gens en place qui ne veulent pas le bien de l’appellation mais plutôt que l’on parle d’eux. Etayer une stratégie marketing aussi illogique et aux conséquences désastreuses sur de si faibles raisonnements, c’est un peu du suicide collectif.

Je m’étonne d’ailleurs que Pascal Verhaeghe, co-propriétaire du très qualitatif Château du Cèdre et Président de l’appellation Cahors, l’UIVC, soit en accord avec une telle stratégie. Il est actuellement aux Etats-Unis donc difficilement joignable….

Jérémy Arnaud serait plus inspiré de mettre à jour le site Internet de l’appellation qui annonce encore que Jean-Marie Sigaud est Président alors que celui-ci s’est retiré depuis plusieurs années….Certaines fois, le travail le plus basique est aussi le plus nécessaire.

Alors espérons ne pas voir de Cahors dans les cocktails, cela serait, je pense, une hérésie pour une appellation qui a fait tant d’efforts qualitatifs ces dernières années.

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