Chroniques amusées des primeurs bordelais – Episode 1 – D’un critique américain

Chroniques amusées des primeurs bordelais – Episode 1 – D’un critique américain

D’un critique américain

On savait l’Amérique, version états-unienne, prompte à vouloir diriger le monde. Ce que l’on savait moins c’est la volonté de certains de paraitre innovants quand on se croit omnipotent. Il en est ainsi, d’un certain critique de vins, soi-disant connu internationalement, qui publie des commentaires de dégustation avant tout le monde. L’exercice pourrait passer inaperçu, surtout s’il était déontologiquement parfait. Mais voilà, le critique américain a ceci de particulier, il ne s’empêtre guère dans une vision qualitative de son travail. Seul objectif, paraitre avant les autres, coute que coute.

Peu importe, finalement, que les propriétés ouvrent les portes en grand. C’est leur problème, les vins variant énormément en 15 jours, on verra bien les résultats dans un millésime 2016 très tardif. Que quelques notes soient publiées pour faire du buzz, pour faire parler de soi, passe encore. Mais que les commentaires de dégustation soient édités sur son site et l’analyse du millésime posée, c’est franchir le Rubicon.

Tout le monde le sait, le critique américain n’a pas encore dégusté l’ensemble des vins. Notamment ceux de la rive droite de Bordeaux. Difficile en ce cas de poser un diagnostic précis et d’affirmer posséder une vision synoptique. C’est un peu définir un ensemble à partir d’un élément sans prendre en compte le tout. Une sinécure.

Aura-t-il le fair-play, pardons l’intelligence, de changer son analyse au regard des dégustations «    rive droite    » qui pourraient réserver des surprises    ? Aura-t-il l’honnêteté, pardon la déontologie, de modifier une vision bien trop centrée    ? J’en doute.

Pourtant, certaines propriétés, elles aussi en mal de notoriété, partagent les notes, affirment l’exceptionnalité du millésime à la seule démonstration d’égotisme de certains.

C’est dommage. Dommage et affligeant, reconnaissons-le. Car avec cette attitude c’est tout le travail de la presse vin, française et internationale, qui est mis à mal. Un petit monde, déjà ethnocentré, qui devient encore plus nombriliste.

Définitivement, James Suckling ne fait pas œuvre de noblesse dans cette affaire…

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