Chroniques amusées des primeurs bordelais : Episode 3 – Le critique critiquable et critiqué

Chroniques amusées des primeurs bordelais : Episode 3 – Le critique critiquable et critiqué

Comparez, comparez, il en restera toujours quelque chose, affirmait, péremptoire en diable, le critique idéal. Mari peu enviable, charmeur impénétrable, le critique de vins se doit de comparer pour exister. Comparer son inégalable ego au lecteur malléable. Ce n’est pas qu’il est critiquable, le critique critiqué, c’est juste qu’il est enviable. Invité par ci, par là, envié, adulé ou détesté, il réalise son métier dans un contrepied idéal. Jouir de la vie tout en donnant son avis.

Alors, dans l’exercice des primeurs, briller il doit. C’est son métier. Et devant la typicité d’un millésime à peine né, plutôt que d’affirmer une singularité, il préfère comparer, le critique critiquable. C’est plus aisé, remarquez.

D’aucuns affirment 2016 en un mélange d’une touche de 1990, d’une once de 1989, d’un soupçon de 1982, d’un supplément de 2015. Entendu hier, le critique critiquable assène parfois reconnaître un 1947. Impressionné par tant de mémoire remontée, il oublie, le critique critiquable qu’en 1947, il n’était pas né. Peu importe, c’est son moment, son heure, son acmé. En société, briller c’est son métier. Déguster son intérêt.

Voyez, faites comme moi, critique de vins votre métier et comparez, vous verrez, au bout d’un moment, c’est inné.