La Clape aura t-elle son AOC ?

Autrefois c’était une île, tout ce qu’il y de plus indépendant. Lykia chez les phéniciens et Ellec chez les romains. Mais avec l’accumulation des alluvions de l’Aude, l’île devint dépendante du continent.

Aujourd’hui c’est un massif calcaire, entre Narbonne ville et Narbonne plage, vallonné, escarpé, rempli de garrigues et de flore méditerranéenne. Son point culminant, le Pech-Redon, affiche un beau 214 mètres ce qui laisse songeur sur la déclivité quand on sait que quelques vignes sont au niveau de la mer, notamment du côté de Fleury d’Aude.

De tout temps, le massif de La Clape a été reconnu pour réaliser des vins de qualité et les romains, fins connaisseurs en la matière, se servirent de cette qualité de sol pour développer la ville de Narbonne.

Avec les errances des années productivistes, le massif était tombé dans l’oubli. Mais depuis plusieurs années, avec le courage et la volonté de nombreux vignerons, le massif de La Clape connaît un renouveau qualitatif.

Le massif a officiellement demandé à l’INAO, l’organisme chargé de la gestion des appellations d’origine, de passer en appellation pour sortir du joug des crus du Languedoc et pour affirmer sa singularité autant que la qualité de ses vins. Et depuis plusieurs années, le dossier traîne en longueur.

Je me suis rendu récemment dans cette région, et je dois avouer mon incompréhension à ce sujet. Quand on sait que les qualités des vins et des terroirs des Terrasses du Larzac n’ont rien à envier à La Clape, et que l’histoire est beaucoup moins « prestigieuse » que le massif et plus contemporaine, on se demande pourquoi une telle région a réussi à obtenir le sur-classement en appellation avant La Clape. Peut-être des vignerons plus charismatiques, des fortes gueules qui, avec passion et souvent talent, ont fait parler du Larzac. Tradition oblige, au Larzac, il y a beaucoup de fortes gueules !

Toutefois, et même si le Larzac mérite amplement son appellation, il reste incompréhensible que le massif de La Clape ne puisse apposer le symbole AOC sur ses étiquettes. Les dossiers sont ficelés mais, comme d’habitude dès qu’il s’agit de changement, l’administration française tarde à se mobiliser.

Alors les vignerons essaient de valoriser leurs produits au mieux possible. Ce qui reste relativement facile pour la région avec un flux de touristes constant, mais au niveau qualitatif et légal, une appellation pour le Larzac sans appellation pour La Clape reste à mon avis encore une bêtise/incompréhension de l’INAO. Une de plus…

Comme je le disais, La Clape produit des vins admirables aussi bien en rouge qu’en blanc. Je dois avouer un faible pour les blancs qui, grâce au cépage Bourboulenc qui trouve ici terre d’élection, révèlent des notes d’iode, de ciste marine et une vraie salinité de fin de bouche. Et comme partout en France, le blanc étant moins « apprécié » que le rouge, les prix s’en trouvent tout aussi intéressants. Très bientôt, un vin de la semaine sera mis en avant à ce sujet…Patience.

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