Classement de Saint-Emilion : l’INAO se félicite de la décision du tribunal

Classement de Saint-Emilion : l’INAO se félicite de la décision du tribunal

C’était devenu la série à succès, le sitcom du vignoble : le classement de Saint-Emilion vient d’être validé par le tribunal administratif de Bordeaux.

« Près de trois ans après la fin des travaux de classement des vins de Saint-Émilion ‘Grand cru’ (…) un jugement du tribunal administratif de Bordeaux vient de valider les propositions formulées en 2012 » se félicite l’INAO dans un communiqué de presse envoyé dès le jugement connu, comme pour s’offrir un cadeau de Noël avant l’heure.

Tous les 10 ans, les propriétaires de Saint-Emilion remettent en jeu leur classement. Ainsi en va t-il de la qualité dans le petit village médiéval. Rien n’est acquit. En plus d’être beau joueur, c’est particulièrement culotté dans une région où le dynamisme est fort, les néo-vignerons importants, les structures moins importantes que dans le Médoc, donc la concurrence acérée. Cela procède d’une vraie prise de risque et d’un dynamisme certain qu’il faut souligner et féliciter.

Pourtant, ce dernier classement, fait des vagues (comme l’ancien de 2006, d’ailleurs). Les critères de notation laissent à désirer avec seulement 30% de l’ensemble uniquement consacré au vin. Le reste étant l’architecture, le parking, les hôtesses d’accueil, etc. Résumons, vous êtes propriétaire d’un petit domaine, qui produit de très beau vin, avec un chai pas très esthétique, pas d’oenotourisme et pas de parking pour se garer. Vlan ! Coup de sur la tête, vous n’êtes pas éligible au statut de « Grand Cru Classé » et ce quel que soit la qualité de votre vin. Epatant non ?

Ce que vient de déclarer le tribunal administratif de Bordeaux, c’est donc la validité d’un système inadapté qui privilégie le paraître au détriment de l’être. Assez intéressant d’un point de vue ontologique mais totalement inique d’un point de vue purement bachique. Une hérésie en d’autres termes.

Le plus choquant dans cette affaire, ce n’est pas le suivisme de certains, c’est surtout l’incompétence de l’INAO, garant faut-il le rappeler de notre système qualitatif français, qui se réjouit et supporte un classement qui n’encourage ni la qualité des vins, ni la prise de risque dans le vignoble mais l’investissement architectural et commercial.

Donc, acte !

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