Création d'un magazine : heurts et bonheurs

La création d’un magazine est assimilable à une naissance mais sur une période de temps beaucoup plus importante…Quelle joie de définir la ligne éditoriale, de créer un comité de dégustation. On se pose énormément de questions, et l’on réactive, jour après jour, les réseaux de copains ou professionnels de la dégustation. Car l’ambition d’Anthocyanes est de créer un comité de rédaction « haut de gamme » avec des personnalités inconnues du grand public mais qui possède une vraie qualité de dégustation et une connaissance très importante dans le domaine du vin. Loin des dégustateurs « people », de certains sommeliers connus ou d’autres, nous voulons créer un comité de dégustation avec une vraie âme, des avis différents, des goûts différentes, mais avec une passion commune, le monde du vin.

Les émois des premiers planning rédactionnels passés, nous nous efforçons de contacter quelques vignerons ciblés, dans les régions que nous voulons visiter. Car, dans notre quête de la vérité, nous pensons qu’il est nécessaire de se déplacer pour analyser, observer et comprendre les régions de production. Notre surprise a été assez grande lorsque nous avons commencé à demander à des vignerons connus ou non, de nous recevoir afin de visiter la propriété. Recherchant l’amour du vin et du beau, nous pensions que l’approche des vignerons serait facile et qu’il serait content de voir apparaître un neo-magazine encore plein de rêves et d’incertitudes. Pour la très grande majorité d’entre eux, nous avons reçu un accueil chaleureux et digne. Mais nous avons été surpris par la hauteur avec laquelle certains d’entre eux nous ont répondus. Ou ils ne souhaitent pas recevoir de journalistes ou, et c’est la plupart des cas, notre journal n’est pas assez « connu et reconnu » pour nous honorer d’une visite.

Loin des idéaux négatifs, loin des aspérités à la célébrité, nous touchons du doigt la dureté du journaliste quand ce dernier cherche à réaliser son métier du mieux possible. Récemment, Hervé Lalau, s’interroger sur les rapports entre les journalistes et les RP. Nous qui ne proposons pas de publicité, nous avons l’impression d’être moins bien respecté, que les magazines qui reposent leur business model sur la publicité, avec tout ce que cela contraint. Mais, nous acceptons avec plaisir les défis, et nous pensons, que le bonheur des rencontres, des analyses, des valeurs des vignerons et le bonheur du partage des émotions viniques, sera plus fort que les petits heurts de nos débuts.

Ambroise Chambertin

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