Critique littéraire : Invignez vous ! de Jacques Dupont

Au départ, ce n’est pas le livre qui m’attira mais une interview de Jacques Dupont sur RMC. Jean-Jacques Bourdin, dans sa volonté de “démocratiser” le vin, invite régulièrement ce journaliste pour parler de la chose. Tout cela est fort intéressant notamment quand Jacques Dupont parle des bons rapports qualité/prix des vins de  Bordeaux qui sont légion.

Puis, après m’être procuré le livre, je suis rentré dans une lecture attentive pour réaliser cet article. Malheureusement, d’attentive la lecture passa vite à fastidieuse. Fastidieuse car ce livre n’est pas écrit dans une langue qui coule, qui se laisse cajoler mais bien dans un langage technique et apocryphe.

Jacques Dupont nous ressort toutes les statistiques tendant à prouver que les différentes études réalisées sur les méfaits de l’alcool sont biaisées et perverses. Nous le savions déjà, pas besoin de nous endormir avec des chiffres que nous ne retenons pas. Apocryphe car les écrits du sieur Dupont ne sont qu’une synthèse de différentes études, différents écrits déjà publiés. Rien de personnel, d’original, de moderne. J’eusse aimé un pamphlet sur les détracteurs du vin, sur l’idiotie de l’hygiénisme alimentaire mais pas une synthèse d’études déjà parues.

Un des éléments intéressants de ce livre reste la volonté de Jacques Dupont de replonger dans l’histoire pour mieux comprendre la genèse du lobby hygiéniste. Ambition louable et intéressante. Mais voilà….encore une fois, l’auteur part dans une certaine facilité en comparant le professeur Got, géniteur de la Loi Evin, à Jérémy Bentham. Sa logique affirme que Bentham est un utilitariste (pour l’instant tout va bien) et que ce dernier recherche sa quête du bonheur par des critères scientifiques imposant une morale utilitariste niant le droit naturel. Autrement dit, les critères scientifiques prennent lieu et place de notre propre décision en empêchant cette dernière de penser par elle-même. Là, le livre m’est tombé des mains. J’invite ardemment Mr Dupont à lire Michel Onfray, dans sa contre histoire de la philosophie, volume « L’Eudémonisme social » ou la recherche du bonheur pour tous. Il y trouvera les vraies pensées de Bentham et non celles qu’il réduit trop rapidement dans son opus.invignez vous!

Certes, le titre est flatteur et laisse à penser à Stéphane Hessel mais, pour ma part, c’est à la lecture de ce livre que je m’indigne. Un pamphlet ? Un essai ? Une somme statistique ? Un simple livre sans intérêt.

J’en suis d’autant plus déçu que j’aime la façon dont Dupont parle du vin dans le magazine Le Point ou à la radio. Mais voilà, dès qu’un homme commence à avoir une once d’influence, son égo se met en marche et il lui faut donner des leçons. J’aime le Dupont défenseur des petits vins à prix convenables (même si dans le dernier numéro Bordeaux 2012 du Point, seuls les « grands châteaux » font de la pub). J’aime l’idée de ce livre de dénigrer le politiquement correct qui veut nous imposer un hygiénisme ridicule. J’aime les quelques pages sur l’histoire. Mais cela ne suffit pas. J’eusse aimé une prise de position claire et nette en faveur du vin comme produit culturel et de développer cette notion. J’eusse aimé une défense de nos paysages, de nos terroirs, de nos savoir-faire. J’eusse aimé la volonté de parler du vin plutôt que de parler des anti-vins. Trop de place pour ces  peine-à-jouir, pour ces moralisateurs à la moraline (comme disait Nietzsche) dégoulinante. Arrêtons de leur donner de l’importance et mettons en avant la culture, le terroir, l’intelligence de la terre, les vignerons plutôt que les lobbys froids et acariâtres. Mr Dupont parlez de vin, vous le faites si bien !

2 commentaires

  1. bonjour,
    je suis outré du post « quitte à avoir de l’égo »du 8 juillet
    sur le blog de jacques berthomeau.ne vous laissez pas insulter de la sorte par ce petit monsieur.
    et merci pour « la notion de terroir encore attaquée »par
    Jacky Rigaux.je le lis,je le relis.
    cordialement

    • mm

      Merci de votre sollicitude et de l’information car je ne l’avais pas ! Ne lui donnons pas d’importance en répondant. Merci

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