Des vins dits naturels

Il est une notion dont nous avons déjà parlé et qui a suscitée de nombreuses réactions pas toujours très retenues, logiques et, c’est le plus important, totalement passionnée. Les vins natures sont sujet de discordes ou de regroupement. Comme les journalistes, le sujet fait oeuvre de corporatisme dès qu’il est abordé. Certains aiment les vins natures car ils ont le goût du « vrai vin », car ils ne sont pas fabriqué avec des « intrants nauséabonds pour notre santé » ou tout simplement car ils collent aux style de vie. Chaque position est recevable et respectable.

Ce qui nous amusent et nous attristent un peu, c’est la mode autour de ces vins natures et, surtout, la logique qui consiste à affirmer que ses vins sont « naturels » car aucun entrants « souffre ou autres » n’est ajouté lors de la vinification. Mais si nous réfléchissons bien, le caractère naturel des vins n’est pas exceptionnel. Tous les vins sont des vins natures. Même si l’on ajoute des levures exogènes, la processus de fermentation est naturel, sans intervention humaine autre que celle de l’aider à démarrer ou de l’aider à s’arrêter. Certes il y a une différence entre un vin « nature » et un vin totalement produit avec des intrants de synthèse (souffre, levures, copeaux de bois, acide tartrique, gomme arabique….). Mais si un vigneron, ne revendiquant pas son caractère naturel, cultive sa vigne en respectant la nature, si il vinifie ses vins par levures indigènes et en limitant fortement l’apport de soufre, ce dernier, est totalement naturel. Et si l’on réfléchi plus en amont, on s’aperçoit, que la très grande majorité des vignerons produisant des vins de grande qualité sont dans cet état d’esprit. Sans revendiquer cette appellation « nature », ils travaillent uniquement par le vecteur qualitatif. Il convient donc de répondre aux aficionados, aux apparatchiks des vins « natures » que, beaucoup de vignerons avant eux, ont mis en oeuvre ce que certains croient découvrir.

Point d’ambiguité. Nous ne sommes pas contre les vins natures, mais contre le fait, que certains vignerons se croient obliger de spécifier cela et que d’autres en font des critères qualitatifs alors que les vins sont loin d’être bons, voire pour certains mériteraient tout simplement un déclassement. Nous ne sommes pas contre les vins différents, au contraire, Didier Dagueneau, une personne que nous aimions beaucoup, a été l’un des pionniers dans cette croisade contre l’uniformisation du goût, nous sommes contre les informations erronées qui sous couvert de respect du terroir, n’est en fait qu’un discours marketing totalement pauvre, ambiguë et trompeur.

Oui aux « vrais vins natures » et surtout oui aux vignerons respectueux de leur vignes et de leurs raisins.

Yohan Castaing

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