Doit-on déguster un vin tout seul ou dans un contexte géographique ?

La dégustation du vin est une notion très complexe et la façon dont les critiques goûtent le vin influe grandement sur le jugement. Il apparaît évident que les dégustations lors des primeurs à Bordeaux ne peuvent donner de résultats identiques à une dégustation unique de Château X dans le chai. L’environnement de la dégustation joue un rôle essentiel dans l’appréciation du vin. Ceci est acquit, trop souvent ignoré, et passé sous silence par nombres de dégustateurs dits chevronnés.

Une question me vint à l’esprit. Si nous considérons que l’environnement tiens une place importante dans l’appréciation d’un vin, ce que je pense, qu’en est-il de la compréhension de ce vin sorti de son environnement ? Autrement dit, est-il judicieux de déguster un vin sorti de son contexte, de son AOC. Ne faudrait-il pas déguster les vins en fonction de ce qui se fait dans l’environnement ? Le jugement d’un vin ne peut-il intervenir que dans une remise en perspective de ce dernier par une comparaison avec ces collègues/concurrents ?

Ces questions sont, à mon avis, d’une grande importance. Car nous pouvons apprécier un vin tout seul, prendre un vrai plaisir, mais c’est oublié de regarder ce qui se fait ailleurs. Cette mise en perspective pourrait nous apporter une vision bien différente et calmer nos ardeurs ou les augmenter. Bref, un vin doit-il être déguster seul ou avec d’autres congénères géographique ?

Très humblement je dois avouer que je n’ai pas la réponse…Mais ce qui est évident pour nous chez Anthocyanes, c’est que nous essayons de comprendre certaines appellations par des dégustations à l’aveugle de plusieurs dizaines de vins issus d’une région déterminée. Et je dois dire que nous obtenons des résultats très intéressants. Notre dernière dégustation de Meursault est l’exemple typique. Certains vins ont été mis en avant alors qu’ils sont complètement différents. Je pense que cela est possible grâce à la mise en perspective de la dégustation. La vision synoptique que nous avons grâce à cette dernière nous permet d’apprécier des vins forts différents mais surtout de les « positionner » dans le contexte. Ainsi certains d’entre eux sont mieux dégustés et trouvent une place de choix qu’ils n’auraient peut-être pas trouvés si ils avaient été dégustés seul.

Il est matière à réflexion de ce côté car nous devons accepter que la dégustation est une notion subjective, n’en déplaise au donneur de leçons, et que cette subjectivité dépend, notamment, du contexte et de l’environnement.

Ambroise Chambertin

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