Du terroir au terrain vague, il n’y a qu’un pas…

Du terroir au terrain vague, il n’y a qu’un pas…

L’affaire a de quoi impressionner, tout au moins questionner l’ensemble de la filière vin. Pourtant, c’est silence radio sur l’ensemble des médias en rapport avec le vin. Il est vrai que la Provence, gros pourvoyeur de vins rosés, semble aussi être un client particulièrement intéressant dès qu’il s’agit de faire de la publicité.

Il faudra donc aller voir du côté des médias nationaux, France 2 dans le journal de David Pujadas en l’occurrence pour entendre parler de ce phénomène que d’aucuns connaissaient mais taisaient (voir la vidéo sur Youtube, ici).

Certains vignerons des Côtes de Provence, voire de Bandol, utilisent des déchets inertes de chantiers du BTP (briques, tuiles, béton, tuyau en plastique, gaine électrique) mais non polluants, soit pour combler les terrasses qu’ils souhaitent créer pour agrandir les superficies de leurs propriétés, soit pour profiter d’un système juteux qui peut parfois rapporter jusqu’à près de 100 000 Euros en cash.

Ce sont donc les révélations fracassantes de ce reportage de France 2 qui démontrent par l’absurde la réalité d’une pratique bien connue. Or le cahier des charges de l’appellation Côtes de Provence est clair, il est totalement interdit d’apporter de la terre ou des gravas ne provenant pas des terres délimitées par le décret d’appellation. Techniquement ou administrativement, c’est selon, ces domaines devraient perdre leur droit à utiliser l’AOC. Pourtant du côté de l’INAO, plus prompt à porter devant le tribunal une histoire rocambolesque de pieds de vignes plantés à une dimension non règlementaire comme c’est le cas pour Liber Pater, c’est silence radio.

Le plus impressionnant est que l’un des Domaines visés par l’article de Ouest France, qui a essayé d’aller un peu plus loin dans l’analyse, est un Domaine conduit en culture biologique dans lequel on peut retrouver des tuiles ou des morceaux de béton…

Bref, là où la notion de terroir peut rester floue pour certains, il est évident que dans le Var, terre dont on sait qu’elle n’aime guerre s’embêter avec les rigueurs administratives, le terroir on le fait ou on le défait.

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