Et certains annoncent le désintérêt du marché pour Parker ? Quels drôles de visionnaires….

Hier, après mon article sur le développement prévisible de la production de vins chinoise, j’ai eu un débat intéressant avec un facebookien sur l’avenir de Parker. Ce dernier étaye son développement avec l’aide d’un article de Jacques Berthomeau. Autant être franc, je trouve que Mr Berthomeau à une vision du vin différente de la mienne.

Mais ce qui me fait rire, c’est qu’il est de bon ton aujourd’hui de taper sur Mr Parker. N’oublions pas que ce dernier à permis aux américains de connaître les vins de France et, par la même, à certains vignerons de connaître des jours bien plus heureux qu’auparavant. Si nous laissons de côté les grands vins de Bordeaux et prenons l’exemple de Châteauneuf du Pape voire des Côtes du Rhône, nous nous apercevons que ces dernières années les prix se sont envolés. Grâce à qui d’après vous ? A Berthomeau et ces chroniques quotidiennes ? A l’envolée des prix des autres vins ? A l’émergence du marché chinois ?

Il est vrai que le marché chinois est en pleine croissance. Mais sur les vins de Bordeaux et de Bourgogne. Ils ne connaissent pas encore les vins du Rhône. Non, la vérité est que Parker est un fan des vins de Châteauneuf du Pape et qu’il leur donne des notes superfétatoires pour certains. Ceci entraine une demande importante, donc une augmentation des prix des propriétés. Promenez vous dans Châteauneuf du Pape personne ne va vous dire que Parker est un loup, un ennemi, une calamité, à part peut-être les mals noté.

Ne soyons pas dupe. Aujourd’hui la financiarisation gagne du terrain et est arrivée dans le monde du vin. Je ne suis pas un adepte de cela, ni même ne l’espère pour le monde du vin, mais écrire que Parker perd de l’influence parce qu’il prend de l’âge c’est un peu fort de café ! C’est méconnaître les marchés de vins fins et surtout c’est ne pas comprendre les fluctuations des marchés.

Pour comprendre le monde du vin, il convient aussi de comprendre les marchés, l’économie, le monde du business, le terrain, la vérité. Être constamment dans l’idéologie n’est pas un système de pensée qui fait avancer les choses. C’est un système, certes intéressant, mais rempli d’inertie. C’est avec ce genre de discours que nos institutions sont en train de faire tomber, petit à petit, les vignerons qui essayent de s’en sortir. Aujourd’hui les modèles de syndicats ou de comités interprofessionnels sont plus dans un dogme que dans une réalité terrain. Il faut que ces derniers comprennent que le monde du vin n’évolue par à la vitesse des cabinets ministériels. Le monde du vin est en évolution voire en révolution. Révolution copernicienne qui veut que le consommateur ne fait plus l’effort de s’intéresser aux vins. Qu’il est nécessaire de lui donner de l’information, d’entrer dans son monde avant de souhaiter vendre.

A ce sujet, l’économie de la presse « vin » en est un parfait miroir. Qui achète les magazines sur le vin ? Les connaisseurs, les amateurs éclairés, les « intellectuels du vin » (rassurez vous je me mets dans cette catégorie plus ironique qu’objective). Je croise tous les jours des consommateurs qui m’affirment qu’ils ne connaissent rien au monde du vin et que ce dernier leur fait peur. Peur de ne pas connaître, de se tromper, d’être ridicule. Peu importe….

Bref, pour comprendre le vin il faut sortir des tours d’ivoire qui cachent une certaine vérité. Comme dans l’allégorie de la caverne, l’accession à la connaissance, donc à la vérité, peut fait peur à nombre de bien pensants tranquillement installé dans des bureaux douilles et dont les reflets des lumières ne sont pas les vérités.

Yohan Castaing

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