Henri Bonneau, tire sa révérence…

Henri Bonneau, tire sa révérence…

Depuis plusieurs mois, on savait que sa santé chancelait inexorablement. Il devenait complexe de descendre dans sa cave obscure pour partager un petit moment, l’entendre expliquer, analyser, distiller un bon mot, de-ci, de-là.

Son premier millésime remonte à 1956. Il fut la douzième génération de vignerons à prendre la suite familiale.

Roi du grenache (ce cépage comptait pour au moins dans 90% de l’assemblage), la majorité de ses vignes étaient situées sur le plateau de La Crau. De ses 6 hectares, 5,25 se trouvaient sur La Crau et 0,75 hectare à Courthézon. Avec quatre cuvées, qu’il laissait gentiment oxyder pour atteindre des élevages d’une précision redoutable, il se fit connaître du célèbre critique américain Robert Parker qui porta ses vins au firmament de Châteauneuf-du-Pape. Adepte des faibles rendements, d’une maturation poussée, les vins de Henri Bonneau étaient, avec ceux du Ch. Rayas, parmi les plus aboutis de l’appellation. A eux deux, ils portaient l’art de la date de vendange à son extrême et la salubrité des caves aurait pu faire peur à plus d’un. Pourtant, les vins parlaient d’eux-mêmes, sans conjectures, sans fioritures, même si il était parfois difficile d’identifier le ou les millésimes qui constituaient les vins.

C’était un artiste sans descendance. C’était un dégustateur redoutable. C’était un homme de bien et de simplicité. Il nous manquera…

 

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