Inside Decanter World Wine Awards

Inside Decanter World Wine Awards

En tant que Français, il serait évident de penser que la culture du vin fait partie de notre vie, de notre ADN. Et même si la France, de l’avis général, est une terre exceptionnellement bénie des dieux pour la finesse et la qualité de ses vins, se confronter avec des dégustateurs internationaux, est toujours un moment d’introspection personnelle.

A Londres se déroulent les célèbres Decanter World Wine Awards, le concours le plus connu à travers le monde, le plus reconnu aussi. Organisation parfaite, température et conditions de dégustation que de nombreux autres concours devraient prendre en compte et une multitude de dégustateurs, plus ou moins habitués à la chose, mais tous compétents dans leurs domaines et surtout professionnels accomplis opérant à divers postes au sein de la filière vin.

L’un des plus grands défis en tant que dégustateur français, mais certainement le plus intéressant, est de confronter nos goûts, ce que nous pourrions appeler notre « culture vin », à ceux de nombreux autres dégustateurs du monde entier. Au sein d’un même panel de dégustateurs, les jurés peuvent venir du Royaume-Uni , du Canada, des Etats-Unis, de Norvège, de France ou d’ailleurs. Et même si nombres d’entre eux restent dans leur domaine de compétences, la mixité et l’échange sont la norme. Cet exercice qui peut déconcerter au premier abord demande un léger temps d’adaptation qui revêt une importance capitale. Chaque dégustateur, chaque pays possède une image d’une région qui diffère mais qui, pour celui qui sait écouter, révèle de nombreuses informations.

Dans le Rhône par exemple, les attentes sont loin d’être celles que certains vignerons s’évertuent à proposer. Les anglais adorent les vins fruités, facilement buvables où le plaisir est mis en avant. Les vins massifs, boisés, trop denses sont immédiatement rejetés. Du point de vue anglais, le consommateur est mis au centre de la mêlée et tout doit être fait pour adapter les vins aux goûts des consommateurs. C’est une vision consumériste, qui se défend même si elle connaît de nombreux détracteurs. D’un autre côté, les juges français auraient tendance à juger le vin pour ce qu’il est et se positionner plus comme défenseur et éducateur du consommateur plutôt que « commercial » d’un certain type de vin.

Donner la primeur à l’un ou l’autre de ces points de vue, serait contre-productif. Ne dit-on pas que tous les goûts sont dans la nature…Mais, de cette semaine d’échanges et de dégustations, il est évident qu’en tant que critique français nous n’en sortirons tout à fait comme nous y sommes rentrés. Nous représentons une certaine idée du vin, une certaine approche et comprendre les autres philosophies du vin c’est aussi faire preuve d’ouverture, une impérieuse nécessité en ces temps de globalisation générale.

Bref, participer à ce concours, en plus de découvrir des vins formidables, c’est l’opportunité de découvrir la mondialisation en œuvre du monde du vin, sa fascinante évolution internationale, son intérêt sans cesse en hausse pour finalement s’apercevoir que nous sommes tous d’accord lorsqu’il s’agit de partager notre passion vinique.

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