La liberté de penser est-elle devenue interdite dans le monde du vin ?

L’Internet est un formidable outil d’échanges, de partages et de rencontres. Depuis plusieurs années les blogs fleurissent sur la toile permettant aux amateurs comme aux professionnels de dire ce qu’ils pensent. Cet espace de liberté est devenu, depuis quelques temps, un espace de règlement de compte. Via les sites ou les blogs, les journalistes professionnels et les journalistes amateurs (eh oui les blogueurs font pour certains un travail digne d’un journaliste) jouent du fleuret pour savoir qui aura tort ou raison. Sans compter sur le viticulteur en mal de reconnaissance qui tape sur tout ce qui bouge, donne des leçons à tout le monde et vend son vin (soit disant exceptionnel) chez Métro… !

Au lieu de passer leurs temps dans des guerres surannées, nous attendrions d’eux qu’ils nous fassent vivre leurs vies, leurs plaisirs, leurs soucis. Pas qu’ils démontent le voisin pour éviter que l’on regarde chez eux.

Ces derniers temps, la mode est à la critique du nouveau guide Bettane et Dessauve. De nombreux prétextes fallacieux ou pas, sont argués par les deux parties, l’un pour défendre, l’autre pour attaquer.

Je suis un peu navré que dans un monde où le partage, les émotions, la compréhension, devraient être le lot commun, certains fassent preuve d’aussi peu de discernements. Chacun a le droit de s’exprimer, de dire ce qu’il ressent par rapport à un vin. Chacun a le droit de commenter tel ou tel vin. Tel ou tel type de vin. Tel ou tel vigneron.

Au nom de « penser comme moi, je suis le plus fort », les critiques en vins (qu’ils soient professionnels ou amateurs) sont en train de tuer la vraie identité de notre métier : la découverte et la compréhension des femmes et des hommes qui exercent le métier de vigneron.

Henri Jayer le disait et le répéter à souhait : « le vin n’est pas affaire de technique mais de philosophie ». Or un philosophe, pour mériter ce nom, doit vivre en harmonie avec ses principes. Il ne doit pas dire ce qu’il faut faire et ne pas se l’appliquer à lui.

C’est un peu le ressenti que je peux avoir au sujet de l’Internet. Nous avons de grands professeurs, de grands donneurs de leçon, alors que nous devrions tous être des étudiants.

J’espère que nous allons retrouver un semblant de bonne éducation et que les « stars » de l’Internet comprendront qu’il ne sert à rien de critiquer, que quantité fait loi, ce qui est une force pour notre métier.

Ambroise Chambertin

 

3 commentaires

  1. Vincent POUSSON

    Utile piqûre de rappel ! Merci, Ambroise. D’une certaine façon, oui, dans le mondovino (virtuel) français, en terme de débat, nous sommes trop souvent revenus à l’époque de « tout anticommuniste est un chien ». J’en ai d’ailleurs encore fait l’expérience hier en écrivant que je n’avait pas été subjugué par une « vache sacrée »…

  2. je suis assez d’accord, les batailles de chapelles pullulent sur les blogs mais aussi sur les forums où la guerre fait souvent rage…le respects des opinions de chacun est trop peu souvent la règle, d’autant que les arguments échangés sont souvent très faibles

  3. Pingback: Non aux extrêmes

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