L’actualité de Sancerre doit nous amener à réfléchir

L’actualité de Sancerre doit nous amener à réfléchir

sancerrebisComme Xavier de Maistre en son temps, tout porte à croire que certains ont surtout voyagé dans leur chambre et n’ont pas eu plus de soucis du monde réel qu’un enfant dans un bac à sable. Le monde pour certains de la presse vinique se résume aux dépêches de l’AFP. Ainsi, de l’affaire des plants arrachés à Sancerre, une grande majorité de médias viniques reprennent les écrits de l’agence française sans se soucier d’un quelconque intérêt du réel.

Réduisant les frais de piges et l’activité journalistique à son degré le plus faible, il aurait été intéressant de mener un peu l’enquête. Car finalement, derrière ce vandalisme primaire il se cache des choses bien plus complexes.

Les négociants, attirés par l’appât du gain et l’argent facile, souhaitent libérer des droits de plantation pour singer certains vins appréciés par les consommateurs comme les sauvignons ligériens, autrement dit l’appellation Sancerre. En créant la dénomination IGP Val de Loire, certains peuvent ainsi produire du pinot noir et, surtout, du sauvignon blanc vendu moins cher que l’appellation Sancerre. La directrice de l’Union Viticole Sancerroise ayant même déclaré l’année dernière que les vins auraient l’odeur, le goût, la couleur sans que cela en soit. Certes. Mais c’est bien prendre le consommateur pour un demeuré si l’on croit qu’il est capable de confondre IGP Val de Loire et AOC Sancerre. Mais passons.

L’AFP en question.

Le traitement par un journaliste, plus que par une agence parisienne, aurait été intéressant au titre du comportement global de l’appellation. En réalité, les défis derrière cet état de fait sont bien autres. A Sancerre, comme dans toutes les appellations françaises, il y a les viticulteurs consciencieux et les autres. Certains réalisent des vins de très grands niveaux, ils sont connus et majoritaires, et d’autres profitent d’une demande élevée pour afficher des prix encore plus élevés. Or, déguster des sancerres c’est aussi s’apercevoir que les vins ne sont pas toujours au niveau qualitatif exigé par de tels prix. Et cette vérité n’est pas toujours bonne à dire. Dès lors, s’attaquer à la sacro-sainte appellation, c’est aussi, un peu, s’attaquer à la poule aux œufs d’or.

Certaines fois il est bon de garder à l’esprit que tout n’est pas ou tout blanc ou tout noir et qu’en matière viticole les esprits s’échauffent d’autant plus vite que les porte-monnaie sont menacés.

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