Le marché va imposer des prix primeurs 2011 à la baisse

Chateau Lafite Rothschild

A un mois du début des dégustations primeurs à Bordeaux, le marché des « fine wines » est-il entrain de connaître un bouleversement et un changement de paradigme ?

Les prix des vins de Bourgogne ont atteint, ce mois, un record dans les ventes aux enchères à travers le monde, confirmant l’intérêt croissant des marchés porteurs comme la Chine et les USA. Bien que la demande en grands vins de Bourgogne se focalise sur le célèbre Domaine de la Romanée Conti, Christies (l’une des plus célèbres maisons de ventes aux enchères de Londres) enregistre un appétit grandissant pour les autres domaines célèbres. Pour exemple, une caisse de Vosne Romanée d’Emmanuel Rouget (neveu d’Henri Jayer) a été vendue à 17 286$ soit 13 078,00 €, doublant le prix d’estimation. Une caisse de Chambertin du Domaine Leroy 1998 a été adjugé à 10 350,00 pounds alors qu’elle était estimée à 3500 ponds. Le marché hongkongais des ventes aux enchères de grands vins n’est pas en reste avec une vente exceptionnelle d’une caisse de Vosne Romanée Cros Parentoux de chez Henri Jayer (de sa cave personnelle) où le prix s’est envolée, le 11 Février,  à 265 645 Dollars. Un record !

Cette afflux de « nouveaux clients » pour les vins de Bourgogne s’explique notamment par les prix élevés des primeurs bordelais et la chute importante qu’ont connu les grands vins de Bordeaux ces derniers temps. Selon les données de Liv-ex, les prix des 100 vins les plus vendus sur la plateforme d’échange (dont 95% sont des grands crus classés de Bordeaux) a chuté de près de 22,5% entre Juin et Décembre 2011. Le plus grand perdant étant Château Lafite Rothschild dont les prix ont été dégradés de près de 45%.Même si l’ensemble des grands crus de Bordeaux ne sont pas dans cette situation, cette évolution du marché laisse augurer une campagne primeurs difficile pour les metteurs en marché.

Dans un entretien à Decanter, Emmanuel Cruse juge que la qualité du millésime 2011 ne doit pas être dégradée et affirme que « sans être au niveau de 2009 et 2010, 2011 est meilleur que 2008. » Dans le monde très policé de Bordeaux cela signifie qu’il est aujourd’hui inconcevable de proposer des vins en dessous des prix des 2008.

Toutefois certains propriétaires sont conscients que le marché est en train de se tendre. Dans la même interview, Jean-Charles Cazes, indique que « nombre de négociants sont incertains et ont une capacité d’achat limité. Ils ont acheté beaucoup de vins en 2009 et 2010 et auront besoin d’une bonne raison pour acheter les 2011 ».

Certains négociants demandent aujourd’hui une baisse de 50% par rapport au prix de sortie de 2010. Même si la place de Bordeaux est plus complexe que cela, chaque marque ayant une stratégie individuelle, il n’en reste pas moins que la logique est à la dégressivité du prix de sortie. Sous couvent d’anonymat, d’autres n’hésitent pas à affirmer que la campagne sera définie en fonction du niveau de baisse des prix. Augurant que si les prix ne sont pas à la hauteur (ou à la baisse !) des espérances des négociants, nombre de transactions ne trouveront pas preneur.

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