Le métier de vigneron est un si beau métier….La preuve !

A la demande de Mr Patrick Maclart, à qui par son travail magnifique avec Bourgogne Live on ne peut rien refuser, voici en avant première à la sortie de la revue en Avril, un coup de coeur et une découverte splendide réalisée lors de notre parcours dans la vallée de l’Agly.

Ancien banquier zurichois, Marcel Bühler, est un homme rare. Son métier ne l’intéressant plus, car son côté enfantin et spontané n’avait plus sa place, il décide de se mettre à la recherche de quelques hectares de vignes après des études de viticulteur. Bien évidemment, son côté baroudeur et curieux, l’amène dans de nombreux pays et notamment en Suisse et en Nouvelle Zélande. Sa recherche de vignes en Espagne et près d’Aniane s’avérant infructueuse, c’est en revenant d’Espagne, qu’il visite la vallée de l’Agly et découvre les vignes de St Paul de Fenouillet. En dégustant quelques vins bien choisis, son avis est fait. Il restera à St Paul.

Vignes de Marcel à St Paul de Fenouillet - Joli travail su sol

Sa recherche de vin droits, tendus, aériens est un véritable sacerdoce qui lui impose de produire uniquement 23 000 bouteilles sur 17 ha. Les faibles rendements engendrés par la climatologie et des tris sévères lui imposent cette fable production. Ainsi le Domaine des Enfants reste un vin confidentiel et vendu en majorité à l’export.

Au delà du côté attachant d’un homme qui plaque tout pour revenir à l’essentiel, à la terre, au métier de vigneron, Marcel Bühler, est un homme attachant car philosophe. Sa cuvée de blanc il l’appelle « Tabula Rasa » terme utilisé par Locke et signifiant que l’esprit humain naitrai vierge et serait marqué, formé par et uniquement par l’expérience. Or Marcel est un homme d’expérimentation, de découverte, fascine par le travail à la vigne. Il achète une jument et demande à un muletier de travailler ses vignes afin que les racines plongent, de respecter le sol et de produire une culture de la vigne avec le plus grands respect de la nature. D’ailleurs, ses vignes sont un havre de paix pour les différents animaux (voir photo) et les herbes qui redécouvrent les sols chargé en matière microbienne.

Les vins de Marcel sont également empreints de ce côté un peu rêveur et passionné. La cuvée l’enfant perdu 2008, (25% grenache, 25% Lladonner pelut, 2% syrah et 25 % carignan) offre un rubis profond et une profondeur extraordinaire. Le nez un peu réducteur et animal est profond, complexe et à l’aération marque de superbes arômes nets de fruits rouges (baies noires), de graphite, quelques notes d’épices. On est surpris par la qualité du fruit et la complexité aromatique. En bouche le vin est droit, rectiligne avec une acidité parfaitement fondue et une douceur et un velouté digne de grands vins bourguignons. La fin de bouche est élégante, croquante, d’une superbe longueur. Ce vin à tout d’un vin subtil, élégant. Le superbe élevage en bois lui permet de tenir en longueur (moitié en cuve, moitié en barriques neuves de 600L). Marcel recherche à exprimer un terroir, la quintessence de son raisin. En nous proposant des vins subtils, longs, tendus et au croquant incomparable, son pari est gagné. Bravo ! Coup de coeur. (Prix aux alentours de 20 Euros)

L'enfant perdu 2008

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