Le rapport au temps dans le vin – Partie 2

Selon les régions, de la fin Août à la fin Septembre, le temps s’arrête, se suspend, s’immortalise. Rien ne peut, dans cette période, justifier une temporalité identique aux saisons. Le vigneron est dans un ailleurs, un nouveau monde. Un monde de secrets, d’angoisse, d’espérance et parfois de déraison.

Les vendanges c’est le temps de l’aboutissement, de l’accomplissement, c’est le temps de la vigne. Récolter le fruit de l’année de labeur est la vraie récompense du vigneron. Le raison doucement subtiliser à la « vigne mère » va se transformer en moût puis en vin. De cette douce alchimie, le vigneron va retirer une présence de tous les instants. Fini les observations de prospective viticole, fini la volonté de comprendre le terroir dans les traces pédologiques du passé, le vinificateur doit être dans l’instant.

Le temps des vendanges, suspendu entre un passé (l’année de culture) révolu et un avenir incertain ( la qualité du nouveau vin ), offre aux artisants vignerons les plus beaux moments de vie. Là, simplement engagé dans son travail, sans penser aux lendemains et au passé, le vigneron est en osmose avec les fruits de son travail et avec la nature. Et cette osmose, bonheur d’une vie qui passe, ne peut se réaliser que dans l’instant présent. La beauté des vendanges c’est le bonheur de l’instant.

Ambroise Chambertin

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