Le vin protégé comme patrimoine

Le sénateur DVG de l’Hérault, Robert Navarro, propose que le vin soit reconnu « comme faisant partie du patrimoine culturel et gastronomique protégé en France », dans une proposition de loi qu’il entend déposer d’ici la fin de l’année. Un seul article composerait cette proposition de loi qui complèterait le code rural par les termes suivants: « Le vin, produit de la vigne, fait partie du patrimoine culturel et gastronomique protégé en France », indique un communiqué de M. Navarro. « La France est considérée comme ‘le’ pays du vin », explique le sénateur. « La viticulture en France représente plus de 850.000 hectares de vignes, 400 vins d’appellation et plus de 150 vins de pays, produits par un ensemble de 140.000 exploitations ».
« Nous devons valoriser ce patrimoine et cette culture, afin de ne pas compromettre l’avenir de l’ensemble de la filière », estime M. Navarro. Source : Le FIgaro

Cet article passé quasiment inaperçu est, à notre avis, l’une des preuves que la filière vin est totalement laissée à l’abandon par les politiques depuis des années. Pourquoi vouloir inscrire une filière si ce n’est pour la protéger des affres du temps ? Ce député souhaite t-il enrubanner le vin comme une relique moyenâgeuse pour faire voir à ses petits enfants ce qu’était le vin d’autrefois ? Et les viticulteurs seront-ils libre de laisser cours à leur imagination ? Cette idée, aussi saugrenue que les autres émanant des députés lorsque l’on parle de vin, est la mort assurée des viticulteurs désireux de faire vivre un terroir, d’être différent de la sempiternelle AOC qui ne représente plus rien. La mort de la qualité par l’introspection de certains intellectuels. La mort du goût par la médiocrité des AOC et leur passage en AOP ou IGP.

La France, dit-il, est considérée comme « LE pays de vin ». Que de prétentions (même si les étrangers voient en nous un pays de gastronomie), quand on est incapable de mettre en avant, dans son propre pays, le vin comme aspect culturel. Je ne parle pas de la loi Evin, sempiternelle problème de la filière (qui n’en est pas un à mon avis) mais de l’incapacité des autorités, INAO en tête, à réformer des appellations et des décrets qui profitent aux vins médiocres, de piètres qualités. Quand on sait que les « vins de terroirs » ne passent pas les labels, étapes indispensables pour avoir l’AOC, car ils sont jugés trop « atypique », on comprend mieux pourquoi certains vignerons, amoureux des terroirs, préfèrent déclassés leurs vins en Vin de Pays ou  Vin de Table, plutôt que demander l’AOC ! Quand on sait qu’on oblige la plantation de cépages dits « améliorateurs » dans le Roussillon alors que ces derniers n’améliorent en rien la qualité (voir notre magazine du mois d’Avril), on ne s’étonnera pas que la filière soit dans une déshérence totale.

Avant de demander l’inscription du vin au patrimoine culturel, ne serait-il pas plus logique, Monsieur le Député, de proposer des outils et des améliorations dans les organisations étatistes et syndicales qui gouvernent la filière vin, non pour la collectivité, mais uniquement pour leur intérêt particulier ?

Ambroise Chambertin

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*