L'inertie de certains syndicats de "défense" des vignerons.

Le métier de critique de vins n’est pas un métier facile bien que très plaisant. Derrière les images d’Epinal du sempiternel critique qui déguste les meilleurs vins du monde il y a des heures de travail, de retranscription des notes de dégustations, un travail de bénédictins plus que de disciple de Nietzsche. Ce travail je l’ai choisi, loin de moi l’idée de me plaindre ou de dire qu’il est complexe. A côté d’un travailleur de force, je trouve que mon travail est plaisant. Mais, quand on devient « journaliste critique de vins », c’est parce que nous croyons dans des valeurs, une philosophie, celle des rencontres, des découvertes, des émotions que procure le vin, sa culture, sa place dans notre société. C’est ce travail de rencontres et d’honnêteté qui fait la beauté du métier.

Quelle déception lorsque nous souhaitons mettre en avant certaines appellations et que les « soits disants » Syndicats de Défense de ladite AOC refusent de nous aider dans notre quête. Que les choses soient claires, nous n’avons jamais demandé à être reçu gratuitement, tous nos déplacements sont à notre charge, et certains syndicats nous accompagnent dans la logistique (qu’ils en soient ici remercié). Mais rien de plus ne m’énerve quand l’un d’entre eux (malheureusement de plus en plus nombreux) réfutent notre proposition au titre que cela ne les intéressent pas de mettre en avant leurs AOC. Effarant, consternant, inadmissible. Quel est le but de ces derniers ? Prendre l’argent du viticulteur ? Pour en faire quoi ? Des publicités 4*3 sur les murs des villes, dans le métro quand personne ne regarde ? Vraiment je ne demande pas grand chose, juste une aide logistique. Il est vrai que la revue Anthocyanes n’est pas une revue « en vue » dans le monde du vin. Nous sommes tout petit. Même les interprofessions ne s’abonnent pas (elles ont toutes reçues une formulaire d’abonnement), elles ont le droit, mais quand on voit les millions qui sont dépensés n’importe où, de manière hiératique et débile, on se demande où va notre filière.

Je ne peux me résoudre à croire que la filière vin est dans une inertie telle. Quand je vais chez les vignerons, leurs ambitions, leurs dynamismes, leurs volontés sont autant de « booster » pour essayer de réaliser des articles les plus précis possible. Mais quand je tourne la tête et que je regarde du côté des syndicats, mon moral est las, fatigué, démotivé. Concentrons nous donc sur les vignerons, véritables force vitale de notre filière, travailleur trop peu souvent mis en avant et gardons nous de croire au miracle du collectivisme.

Le métier de critique en vins et un métier noble, qui a pour objectif de faire découvrir des vignerons de qualité, par de mettre en avant l’égo du critique, même si ce dernier est obligé de signer ses articles. Non, notre métier, mon nouveau métier, ne doit pas perdre ses lettres de noblesses. Il est beau, utile et passionnant. Rien ne doit être une barrière dans la recherche journalistique. Nous devons tout dire, le plus agréable et le moins agréable. C’est notre métier. Mais pitié, messieurs les technocrates, ayez du respect pour les vignerons qui travaillent dur, qui prennent des risques….Soyez respectueux a défaut d’être compétent (pour certains).

Yohan Castaing

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