Loic Pasquet de Liber Pater condamné à 12 mois de prison avec sursis et 10 000 Euros d’amende.

Loic Pasquet de Liber Pater condamné à 12 mois de prison avec sursis et 10 000 Euros d’amende.

C’est une histoire incroyable. Loïc Pasquet, ancien ingénieur dans l’industrie automobile, s’est reconverti par passion dans le monde du vin. Il achète quelques arpents de terre du côté de Landiras (en AOC Graves) et décide d’en faire l’un des vins les plus chers de la planète.

Les premières expériences sont un peu difficiles, mais quelques temps après, à force de réflexions, de plantations nouvelles, de cépages autochtones, d’un travail de fond sur la mycorhization, il arrive à produire des vins superbes, irréprochables, voire très haut de gamme pour cette partie de la région des Graves (les vignes sont à Landiras). J’ai dégusté les 2009, 2010 et 2011 et je dois avouer une qualité impressionnante sur ses vins.

Son épouse russe (je crois) l’aide dans le développement commercial et il affirme vendre des bouteilles à près de 1000 Euros voire 2000 à 3000 Euros pour une cuvée spéciale dans les pays émergents. Un vrai succès quand on connaît les problèmes commerciaux de nombreux domaines dans la même région.

Le jeune homme sait l’importance de la communication, il y excelle et va très vite s’amuser avec les journalistes, les prescripteurs, les négociants. Il est habile, beau parleur, inspire confiance. Son dernier fait d’arme, l’élévation au titre de membre de la Commanderie du Bontemps de Médoc et des Graves de Pierre Galet, le célèbre ampélographe, dans une soirée fastueuse.

Invité à cette réunion très « privée », j’ai refusé l’invitation au dernier moment.

Voilà qu’aujourd’hui, 14 Janvier, le même homme est convoqué au tribunal de Bordeaux, soupçonné d’avoir détourné la modique somme de 592 000 Euros d’aides diverses. Des aides servant, notamment, à promouvoir son vin en Russie, en Chine ou au Brésil, les fameux BRIC.

Une première réflexion vient à l’esprit. Comment une propriété d’à peine moins de 10 hectares, aux rendements certes faibles et produisant des vins à 1000 Euros voire 2/3 000 euros, peut-elle bénéficier d’une aide de 592 000 Euros ? Se faire payer un ou deux voyages et quelques nuitées d’hôtel, passe encore, mais 592 000 Euros, c’est une somme ! De nombreux négociants importants aimeraient avoir de telles aides. Qui donc a accepté ces aides et n’y-a t-il aucun processus de vérification avant l’attribution ? C’est LA question.

Ce jeune homme a-t-il été pris dans une folle spirale qui lui a fait perdre la tête ? A-t-il été emporté par la folie de l’argent et la mythomanie ? A-t-il pris goût au luxe que peut procurer des aides aussi élevées ?

On ne sait. Mais une chose est sûre, il devient difficile ces jours-ci, et déjà depuis quelques jours, de le contacter (j’ai essayé, impossible).

Impossible en l’état de connaître la teneur du dossier. Règlement de comptes, vraie escroquerie, falsification de documents ou simple négligence ? Mais tout cela procède d’une seule chose : il convient parfois, en bon terrien, d’avoir les pieds dans la glaise plutôt que la tête dans les étoiles. C’est moins risqué !

Dernière minute, le 14 Janvier 2016 à 18h45. Loic Pasquet a été condamné à 12 mois de prison avec sursis et 30 000 Euros d’amendes dont 10 000 Euros ferme.

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