L'optimisme de l'OIV

l’OIV (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin) a tenu son Congrès Mondial, à Izmir en Turquie. A cette occasion, le Président de l’OIV, Federice Castellucci a annoncé différentes tendances majeures du marché du vin mondial. Certaines me font bondir, d’autres m »interrogent au plus haut point.

  • La surface du vignoble mondial a atteint son plus bas niveau depuis plus de 10 ans : 7,585 millions d’hectares en 2011 (-262 000 Hectares). Mr Castellucci reste confiant que, dans le même temps, les rendements ont augmentés. Stabilisant de manière naturelle la production. Cela m’interpelle qu’un entité comme l’OIV se réjouisse de l’augmentation des rendements. Cela ne doit pas efface le fait que près de 262 000 hectares de vignes ont été arrachés en 2011 ! De plus, l’augmentation de rendement, si elle n’est pas synonyme de perte de qualité, n’est pas non plus synonyme de gain de qualité. En d’autres termes, l’OIV se félicite d’avoir moins de vignes mais plus de production….Allez comprendre !
  • L’Europe représente 56,9% des vignes sur la planète tandis que l’Asie représente désormais près de 21,9% de la surface totale. Le développement des vignes en Chine commence à avoir un impact important sur la production mondiale. Plutôt que de regarder l’augmentation des rendements, ne serait-il pas plus judicieux de veiller le développement de la vigne en Chine ? L’OIV ferait mieux de s’intéresser à l’import de vin en Chine qui sert à combler les manques de production interne. Nous savons aujourd’hui que les chinois font venir du vin de Nlle Zélande ou d’Australie pour le couper avec leur production interne afin d’augmenter cette dernière…
  • Et troisième et dernier point, l’honorable institution annonce des conditions climatiques idéales permettant de stabiliser la production. Donc si on comprend bien, l’augmentation de rendements est dû à des conditions climatiques favorables. Donc un épiphénomène qui a peut de chance de se reproduire. Et l’optimisme repose la dessus ? De plus, alors que les dernières années ont été largement dédiées au changement climatique, voilà que l’OIV nous annonce des conditions parfaites.

Nous le voyons, les synthèses sont ce qu’elle sont. Elles ne veulent pas dire grand chose et regarder le monde du vin dans une vision synoptique est souvent source de biais. Je crois à l’interdépendance et notamment à la théorie du chaos. Mais pour cela il est nécessaire d’avoir des analyses pointues, de grandes qualités. Or, l’impression que me donne l’OIV est la même que de nombreuses interprofession dans le monde du vin. On reste entre nous, on se congratule, on se tape sur le ventre et surtout on ne change rien car la place est chaude.

Pendant ce temps, des milliers de viticulteurs réalisent un travail de qualité, essayent de développer des marchés porteurs sans rien demander aux organisations étatiques ou internationales. Mais ces messieurs de l’OIV et consort ne devraient pas oublier une chose. Leur jetons de présence sont payés par les viticulteurs et les acteurs de la filière vin. Alors, le plus respectueux, serait de les aider au lieu de pérorer.

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