Mon pauvre métier…!

Depuis que j’ai commencé à écrire sur le monde du vin, j’ai la chance d’être en contact avec de nombreux vignerons qui  nous reçoivent avec plaisir et envie. Des gens formidables, d’autres qui ont un peu la grosse tête, mais dans l’ensemble des passionnés de leur métier. Je suis effaré, lorsque nous nous présentons par téléphone ou par mail, de la méfiance avec laquelle ces personnes nous reçoivent. Ils ont peur des journalistes, à tel point, que certains ne souhaitent plus recevoir aucun d’entre nous. J’en viens à m’interroger sur ce phénomène. Pourquoi cette relation de méfiance, de non respect et de peur ? D’où peut venir cette défiance ?

  • D’un côté les vignerons m’expliquent que les journalistes viennent pour déguster et ne comprennent rien à leur travail, à leur volonté et leur passion. Que ce sont des critiques au sens médiocre du terme. Bon, je pourrais croire cela si je n’étais obligé de penser que ces vignerons ont été mal notés par lesdits journalistes…
  • D’autre part, ont me demande si le vigneron va devoir payer pour être publié. Là, les bras m’en tombent. Hier, j’ai eu la chance d’être le premier journaliste à entrer dans une cuverie d’un nouveau domaine à Pomerol. Le jeune homme me dit, un grand magazine (je ne donnerais ni la nationalité ni le nom) m’a demandé 10 000 Euros pour être publié !!!! Là je reste coi, abasourdi par l’hérésie d’une telle proposition. Ces gens n’ont rien à faire dans la presse. Je peux désormais comprendre la peur.
  • Le fait de ne pas vouloir recevoir des journalistes, ne cachent-ils pas la peur et la volonté de certains vignerons d’être jugés à la juste valeur de leurs vins ? Certes, avoir un 98/100 Parker est positif pour le compte en banque mais avoir un 87/100 peut-être désastreux et vous attirer les foudres du banquier en plus du renoncement de l’égo. Les vignerons font un métier de partage, d’échanges. Il est donc normal que certains journalistes ne soient pas en accord avec eux. On ne peut faire plaisir à tout le monde. On ne doit pas s’en offusquer mais l’accepter et se dire que la personne n’aime peut-être pas ce vin. Le dégustateur n’est pas infaillible, pas un robot, la part de subjectivité est présente dans le vin.

Ce sujet reste vaste et, pour moi, est le reflet du mal être de la viticulture française et du journalisme français en mal de reconnaissance. Les journalistes anglais sont accueillis les bras ouverts dans les caves et sont de « vrais » professionnels. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Les français aussi, mais on connait le microcosme du monde du vin en France, et les journalistes étrangers en s’intéressant à d’autres vins que les vins français évitent, peut-être, de trop se regarder le nombril. Pour ma part, je suis heureux de rencontrer des vignerons et des journalistes, et je trouve qu’un peu d’humanité et de responsabilité des deux côtés permettrait de rapprocher un monde qui au fond s’ignore pour mieux s’aimer….

Ambroise Chambertin

1 commentaires

  1. Noël BARBAUD

    VIVE LA FRANCE

    Nous avons perdu  » LE FRANCE », nos numéros minéralogiques de nos départements, nos patois, mais il nous reste tous nos bons vins quand il sont bien fait.

    Je suis bistrotier et je n’ai que le bon vin dans un vrai verre

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