Non aux extrêmes

En ce lendemain de Beaujolais Nouveau, nous allons entendre les sempiternelles blagues sur la qualité des arômes de banane, de fraise ou de framboise. Et bien sûr sur les lendemains de fête qui déchantent. Tout cela est bon enfant et il n’y a pas de quoi s’insurger. Par contre en visitant les blogs cette semaine et cette nuit, j’ai pu découvrir à quel point les écrivains du vin avaient une vision, souvent restrictive, et trop extrémiste. Certains ne jurent que par les vins biodynamiques, biologiques, d’autres affirment que les vins conventionnels ne sont pas mauvais pour la santé. D’autres enfin, affirment haut et fort que le Beaujolais Nouveau c’est de la merde…, que les vins de telle ou telle région ne sont pas dignes d’intérêt, pour finir par ceux qui ne boivent que des grands vins, entre eux, dans une région paradisiaque ! Ces points de vue restent encourageants mais sont restrictifs.

Oui les vins en biodynamie ou biologique ont une réelle valeur ajoutée par rapport à leurs concurrents conventionnels, mais ils ne portent pas en eux la vertu que leurs défenseurs annoncent. Oui il existe des vins conventionnels exceptionnels (99% des grands bordeaux qui sont vinifiés en conventionnels) et oui il existe de très bon Beaujolais Nouveau.

Nous avons déjà écrit un post sur le manque de complaisance des acteurs du monde du vin mais, en surfant sur Internet et en lisant les commentaires de droite et de gauche, nous sommes effarés par la disparition dans notre monde du vin, pour ne pas dire monde divin, du respect, de la tolérance, du partage. Chacun à la droit de donner son point de vue, cela ne veut pas dire que le point de vue du voisin est immoral ou sans intérêt. Comment donner la moindre valeur à des critiques quand ils sont à ce point borner pour ne pas accepter la différence.

L’écrivain du vin se meurt. Les journaux sont de plus en plus enclin à faire disparaître de leur rédaction les journalistes spécialisés, donc les journalistes du vin, mais à lire certains articles, nous pensons que la disparition des journalistes du vin est du fait même de leur manque de clarté, d’ouverture et de partage. Nous pouvons comprendre les pressions acerbes mises sur les journalistes par un rédacteur en chef aigri et plus enclin à garder son siège qu’à aimer ses lecteurs. Mais, dans l’Internet, cet espace de liberté ou tout peut se dire en totale franchise, pourquoi garder cet état d’esprit belliqueux et inutile.

Tous les goûts sont dans la nature, tous les vins méritent que l’on s’attarde sur eux, que l’on respecte leur créateur. Alors, de grâce, Mesdames et Messieurs les écrivains du vin, prônez la tolérance et essayons de garder notre monde du vin, encore un peu, divin.

Ambroise Chambertin

1 commentaires

  1. Tout à fait d’accord !!! Et j’aimerais ajouter que tout cela manque très souvent d’humilité !!! Une des plus grandes caractéristiques qui devrait être présente dans tout article sur le vin 🙂

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