Nos amis les anglais…

Depuis quelques temps devant le peu d’intérêt que me procure la presse française du vin (mis à part l’inénarrable B. Burtschy…), je me suis tourné vers la presse anglaise et notamment le site de Jancis Robinson. En m’abonnant et en visitant de manière régulière ce site, je dois avouer que je suis impressionné par la qualité et la somme d’informations que l’on peut y trouver.

Des dégustations, des réactions aux actualités, des dossiers écrit avec le juste « flegme » britannique nécessaire et permettant de prendre la juste distance. Fort de cette expérience positive, j’ai décidé de continuer mon « road trip » vers d’autres sites. Jamie Good, Jim’s Loire et même le site du célèbre gourou R. Parker… Tous ont leurs domaines réservés, mais tous ont un sens du vin, de l’information et de l’écriture magnifique. Je n’ai pas trouvé d’équivalent dans la presse vin en France. Si, le site du Figaro avec l’Avis du vin, mais comme j’écris dedans, je ne suis plus indépendant….

De ce voyage, de ces découvertes, j’ai pris conscience de l’intérêt qu’avaient nos amis anglo-saxons pour le vin (ce qui n’est pas un scoop) et du désintérêt de mes compatriotes pour le même sujet (ce qui n’est pas un scoop mais m’énerve au plus haut point !). Il est sûr qu’avec des magazines plus proches du vin people que de la réalité terrain, nous ne pourrons donner au monde du vin que le bling-bling qui lui fait tant de mal et désespère tout le monde.

Ce temps de réflexion m’a également permis de méditer quelque peu sur le lien étroit entre les aglo-saxons et le vin. Un lien étroit, fait de tendresse et d’une inépuisable soif d’apprendre. Tous les médias anglais essayent d’être pédagogique, ludique et éclectique. Aucun vin n’est mis au rancart, n’est laissé de côté. Tous, quels qu’ils soient, ont un intérêt. Du vin de distributeur de chez Tesco  aux grands crus classés de Bordeaux. Certes les grands vins, les « fine wines », sont une source d’intérêt majeur, mais pas au détriment des autres. En complément, en parallèle, en découverte supplémentaire.

Il n’est pas étonnant que le SEUL (et je dis bien le seul) diplôme faisant référence dans le monde entier soit anglais. Le Master of Wine, véritable saint graal de la connaissance vinique dans le monde, est un diplôme anglais, londonien plus précisément. Pourquoi aucun diplôme français n’a réussi à se hisser au niveau de ce dernier ? Trop restrictif ? (les vins internationaux ont du mal à percer en France), trop obséquieux ? (nos grands professeurs d’oenologie restent dans leur tour d’ivoire pour ne pas regarder les évolutions de la société « vin ») ou tout simplement car les français n’ont pas un intérêt majeur pour le vin ? Dès lors pourquoi requérir un diplôme alors qu’il suffit de déguster, critiquer, juger, persifler et adorer pour exister dans la sphère journalistique du monde du vin français et francophone. Je n’ai pas de réponse à tout cela, ce sont uniquement des interrogations. Mais il est vrai, qu’en tant que « jeune » journaliste et désireux de m’ouvrir aux cultures et aux autres, je dois avouer que j’ai eu un accueil plus que chaleureux de l’autre côté de la Manche, alors que dans mon pays les journalistes ne souhaitent pas me rencontrer, m’écouter out tout simplement m’accompagner dans mon parcours. Une dame comme Jancis Robinson a été immédiatement séduite par Anthocyanes et répond, à chaque fois, à mes emails. Par contre, très peu de journalistes français, à part B. Burtschy, ont voulu écouter, regarder ou lire la revue. Certains ont même refusé de me coopté pour entrer dans des institutions.

Dès lors je comprends la différence qui existe entre le monde anglo-saxon et le monde français. Les anglais sont curieux, ouverts et amateurs de vins et surtout de la culture du vin. Le journaliste français est obséquieux, jaloux de son près carré et vite débordé quand il lui faut expliquer ce qu’est un vin d’Espagne. C’est dommage, dans un pays où le vin est élevé en véritable art de vivre. En y réfléchissant, plus j’y pense et plus je trouve que les anglais dégustent et les français boivent. Que de tristesse…..Mais je reste persuadé que cette vision est étriquée, qu’elle correspond à un moment donné de ma carrière, car je ne peux et ne souhaite penser, que le France n’est pas un grand pays du vin !

Le lien entre les français et le vin est plus fait de quantitatif que de qualitatif. De passion que de raison. Rien de plus logique que les grands journaux nationaux ne laissent pas la place à des colonnes pour le monde du vin. On va ma rétorquer que la loi Evin empêche……….Rien du tout ! Les directeurs de journaux privilégient ce qui fait vendre, le sensationnel, le misérable parfois, le bling-bling, jamais l’hédonique. Et c’est en cela que notre pays devient, à mon avis, malade. Par manque d’hédonisme.

1 commentaires

  1. Pingback: La bible des cépages | Anthocyanes

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*