Nous reparlerons des copeaux de bois

Ce matin, dégustation rapide et très intéressante au Centre Oenologique de Pauillac. A l’initiative de Christophe Coupez, une dégustation comparative des différents copeaux de bois présents sur le marché a été effectuée. Le but, laisser pendant près de 3 mois un vin identique (un Haut Médoc 2011) avec différents échantillons de copeaux de bois provenant des fabricants. Ainsi, chaque occurrence présentée un « style » de copeaux différents. L’occasion nous a donc été donnée de nous rendre compte de l’effet des copeaux sur le vin et des différentes qualités (différents chauffes ou sans chauffe) sur les vins.

Les copeaux de bois sont souvent, en France, entourés d’une espèce de tabou. Parce qu’ils représentent les vins « industriels » ou les vins dits du Nouveau Monde, nombres de propriétaires ne veulent pas les utiliser, ou devrais-je dire, n’assument pas du tout leur utilisation (cette deuxième solution étant plus proche de la réalité). Or la dégustation de ce matin nous prouve que les vins peuvent gagner en complexité, en aromatique et en structure avec des copeaux intelligemment utilisés. Comme les capsules à vis, les copeaux de bois sont les victimes expiatoires des non-dits de certains. C’est dommage.

Sur les essais de ce matin, je dois avouer qu’il y avait peu de vins indignes. Beaucoup présentés un bel équilibre, un vanillé et un boisé élégants. Il y a donc un vrai intérêt que d’utiliser cette technologie. Là où les vins en barriques serraient déstructurer avec une domination de l’astringence des tanins d’une barrique trop « dense » pour eux, les copeaux apportent des notes subtiles tout en laissant le côté croquant et gourmand du vin. En terme qualitatif, il n’y a pas de souci à utiliser ce type d’outils oenologique.

Effectivement, certains propriétaires ne veulent pas admettre l’utilisation de ces derniers pour des raisons mercantiles ou marketing (plutôt de notoriété). Cela est infantile car le consommateur n’est pas idiot, d’autant que les copeaux de bois sont économiquement plus intéressants que les barriques ce qui permettrait de baisser les prix de ventes finaux. Tout le monde s’y retrouverait sans perdre en qualité. Bien évidemment, je ne suis pas en train de dire qu’il faut changer les barriques par des copeaux. Les grands vins seront toujours aptes à supporter un élevage barriques. Mais là ou certains vins ne supportent pas la barrique, je trouve que les copeaux sont un outil intéressant.

Cette dégustation était intéressante d’un autre point de vue. La rencontre avec le responsable du Centre Oenologique de Pauillac, Christophe Coupez. Un homme charmant, intéressant, qui à trainer ses savates un peu partout en France (rare pour un bordelais) et qui essaye de dynamiser les différents centres oenologiques bordelais. Déjà, lors des Primeurs, avec les dégustations « Wine Else », nous avions dégustés de très beaux vins, croquants et gourmands à souhait comme Bordeaux réussi encore à merveilleusement le faire. Mr Coupez est un homme généreux, échangeant volontiers des informations et parlant vrai, dans un monde bordelais un peu trop polisse. Il nous sera donné de réaliser d’autres dégustations, mais les vins produits par les différents collaborateurs de Mr Coupez sont parmi les plus intéressants du bordelais. A suivre….!!!!

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