Une nouvelle mode, le Bordeaux bashing…

Pour qui veut paraître, il est plus réconfortant d’utiliser le terme « bashing » en lieu et place d’un verbe français dénigrer, trop plouc aux yeux des tenants d’une mode, par essence, toujours désuète. Le Hollande bashing reste le must dans le petit monde parisien et, depuis quelques semaines, le Bordeaux bashing est devenu l’activité préférée des critiques internationaux. Au sortir des dégustations Primeurs une campagne de dénégation d’un millésime déjà mort-né se fait jour.

En tout état de cause, le millésime 2013 restera dans les annales comme l’un des plus mal traités par la critique internationale. Les notes sortent et avec eux les règlements de comptes. Neal Martin, le bras armé de Robert Parker, a publié des notes très basses quand dans le même temps son mentor américain annonce la publication de ses notes pour Août au lieu de Juin. La campagne Primeurs se fera donc sans les notes Parker, une première depuis 40 ans ! Les commerciaux des négoces bordelais sont totalement désarmés…les notes Parker représentant leur seul argumentaire de vente !

Ce désamour pour le bordelais est dû en partie à la faible qualité du millésime. Nous ne pouvons écrire autre chose dans ces lignes. La qualité n’est pas là, mais de là à dire que le millésime est « imbuvable », il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons pas. Si les bordelais ont un peu ce qu’ils méritent (la façon imbue et provocatrice avec laquelle ils ont traité les consommateurs historiques ces dernières années en est la preuve), les critiques anglo-saxons exagèrent quant à l’aspect « peu commercial » de ce millésime. Si l’on analyse les quelques commentaires postés ça et là sur Internet, on s’aperçoit que la « soi-disant » indépendance de la critique anglo-saxonne commence à s’effriter. Nos amis se gaussent de nous français, critiques aux mains des propriétés. Pourtant, la campagne de dénigrement est bien orchestrée, en sous mains, par les « traders » anglo-saxons afin de faire baisser les prix pour retrouver la clientèle historique, clientèle qui leur échappe avec des prix de vente aussi hauts. Décidant que 2013 devait se vendre au niveau de prix de 2007, ils partent en guerre, qu’ils nomment « salvatrice », et dans le seul intérêt des consommateurs, bien évidemment.

Certains seront contents de voir Bordeaux ainsi lapidé, malmené, vilipendé. Bien leur en prendra. Mais les autres, plus intelligents au demeurant, prendront en considération l’ensemble des analyses et se feront une opinion personnelle de ce qui les attend en 2013. D’aucuns suivront de façon moutonnière les critiques anglo-saxons, ce seront les fameux « acheteurs historiques », d’autres essaieront de débusquer les bons rapports qualité/prix, les propriétés travaillant correctement, les vinificateurs de talent, et ceux là seront, sans aucun doute, des amateurs.

Car en 2013, le fossé entre la vision anglo-saxonne et la vision franchouillarde va se creuser. D’un côté des acheteurs de prix de revente, de l’autre des acheteurs de qualité à venir. Il est évident que pour spéculer, nos amis américains et anglais ont besoin de faire baisser les prix. Peu importe finalement le niveau de qualité. Et alors, nous repartirons dans les erreurs des millésimes 1997, 2004  et 1984, où finalement les vins étaient bons, buvables et capables de tenir sur 10 ans. Seulement voilà, il fallait laisser des marges aux spéculateurs…Dont acte !

 

 

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