Olivier Dauga, faiseur de vins

Faiseur de vin. Tel est l’acronyme qu’Olivier Dauga souhaite que l’on colle à son nom. Depuis quelques années, cet ancien rugbyman qui rêvait de devenir professionnel a réussi à se forger un nom.  Très au fait des techniques de communication et sachant manier le verbe et l’habit (ces tenues sont toujours très voyante !) il a réussi à se hisser parmi les œnologues en vue.

Loin d’un Stéphane Derenoncourt ou d’un Michel Rolland, il n’hésite pas à se mettre en avant dans les publicités du distributeur Leclerc ou à en faire un peu trop quand il s’agit de défendre ses vins.

Mais l’homme est honnête, travailleur et passionné, ce qui lui permet bien des audaces.

Sa passion il la découvre à la table d’un grand-père vigneron puis lors d’un travail estival au Château Sociando Mallet. Il décidera, de cette expérience, de réaliser son métier.

Un voyage en Australie, l’invite à réfléchir sur les consultants, véritables rocks-stars. Au contraire des « œnologues » bordelais, les consultants australiens accompagnent les producteurs jusqu’à la commercialisation du produit. De retour en France, il décide d’implanter ce concept et de se limiter à une trentaine de clients afin « de ne pas standardiser le process et l’intervention ».

L’une des particularités d’Olivier Dauga, outre sa grande gueule, son côté jovial et très « rugby », c’est sa capacité à dire les choses là où la plupart se perdent dans le politiquement correct. « Les bordeaux manquent de cépages aromatiques et il faudrait attendre les vins deux ou trois ans pour qu’ils soient aussi flatteurs que les syrahs ou les grenaches. Il faut aussi réapprendre des méthodes naturelles comme l’utilisation de la rafle dans les vins pour retrouver de l’équilibre. Et si on veut des vins moins durs et plus fruités, il faut moins extraire. Le marché attend davantage de vins plaisir, sans agressivité. Les goûts changent avec l’arrivée de jeunes consommateurs, plus en quête de vins de terroir qui racontent une histoire et faciles à boire ».

Il est vrai que Bordeaux manque de cépages aromatiques et que les jeunes générations sont plus attirées par les vins plus puissants en fragrances. Bordeaux est aujourd’hui en train de prendre un tournant. Il accepte ce paradigme nouveau. Faire des vins de plaisirs, qui se boivent jeunes et qui peuvent rivaliser avec les autres régions françaises ou internationales.

Et Olivier Dauga arrive à proposer des vins parfaitement en accord avec ce qu’il préconise. Des vins à boire jeunes, fruités et agréables. Des vins qui respectent le terroir et qui ne sont pas intellectuels ou réserver à une élite.

A l’instar d’un Gérard Bertrand, il sait casser les codes packaging et apporte une réelle nouveauté dans le monde de la vinification bordelaise.

Espérons qu’il ne tombera pas dans les limbes d’une certaine renommée qui l’éloignerait de cette volonté et de cette philosophie. Non que les autres consultants soient à blâmer mais tout simplement que Mr Dauga garde son amour pour les vins « simples » et « plaisants ». Car à Bordeaux, dans un monde un peu suranné, c’est sûrement le plus difficile.

Château Roques Mauriac – Classic – Bordeaux – 2010 – Rouge

Un joli nez de fruits rouges avec quelques notes fleuries de pivoine. Une aromatique croquante et gourmande.
En bouche les tanins sont présents, marqués mais donnent une belle structure à l’ensemble. Bel équilibre avec de la matière mais sans plus. Un vin croquant, gourmand, un vin plaisir.

Château des Eyrins – Margaux – 2010 – Rouge

Le nez propose des aromatiques complexe avec une belle densité. Des fragrances de cassis, mûres, tabac, cèdre. Une belle trame épicée avec un joli toasté.
Joli toucher de bouche avec de la générosité, des tanins parfaitement fondus et une matière présente et suave. Prédilection pour l’allonge plus que la matière ou la densité. Un très joli Margaux sans prise de tête.

Château Clos St-Emilion – Cuvée 110 – Saint Emilion Grand Cru  – 2010 – Rouge

Nez caractéristique des St-Emilion modernes. Des notes de fruits biens mûrs, un toasté présent et un velouté donnant une suavité au nez.
En bouche, belle ampleur avec de la densité et une très belle fraîcheur qui vient lui donner un côté aérien et une belle allonge. Les tanins sont présents sans être agressifs, belle onctuosité avec de la matière. Jolie amertume de fin de bouche provoquée par des tanins de raisins bien mûrs. Un joli vin.

Clos 56 – Pomerol – 2010 – Rouge

Nez profond et dense avec des notes de mûres, de cassis, de cèdre et une réelle complexité. A l’aération on ressent des notes plus fleuries apportent subtilité et croquant.
Le toucher de bouche est ample, dense avec une belle structure, des tanins veloutés et parfaitement structurants. La fin de bouche propose une belle acidité qui apporte de l’allonge et de la longévité.
Un joli Pomerol qui nous réconcilie avec certains vins de cette appellation qui ne sont plus faits pour boire mais pour impressionner. Bravo !

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