Pour un (re)introduction philosophique de la terre comme élément du vivant.

Depuis Aristote, et selon la pensée hellénique, la terre est formée de matière. Or, la matière à besoin d’être mis en forme, modelée et transformée. Ceci a définit, pendant des siècles et encore aujourd’hui, le concept de travail des paysans. Pour être sûr que la terre va produire suffisamment de récolte, les paysans labourent, travaillent et façonnent la terre. Les penseurs grecs, pensaient que la terre était inerte et inactive (d’où sa mise en commun avec le concept de féminin qui reçoit l’enfantement mais à besoin de la dynamique de l’homme…), contrairement à la forme qui elle était dynamique, active et reprenait le concept de masculin. Il convenait donc de « dynamiser » la matière par un apport de forme (le labour).

Aujourd’hui, le fabuleux livre de Lydia et Claude Bourguignon, anciens chercheurs INRA et fondateurs du laboratoire LAMS 21, battent en brèche cette théorie qui perdure aussi bien dans la viticulture que dans la paysannerie mondiale. Ce concept, impliqué des théories précédentes, imposent aux viticulteurs de travailler le sol pour leur donner de la « puissance » et une dynamique de production. Dans un exposé très clair, les deux trublions français, apportent des éléments percutants et pragmatique, prouvant que le sol est une partie vivante ( et non inerte ) et que le travail inconsidéré du sol et des apports chimiques dans ce dernier, n’a pour finalité que sa destruction.Prendre en compte la terre comme élément de vie, n’est-il pas une notion des plus élémentaires. Croire que le sol est une matière inerte à laquelle il suffit d’apporter des éléments chimiques es une hérésie.

Loin des volontés écologiques « politiques » et du 100% non interventionniste, c’est la réflexion, le cheminement de la pensée, qui nous a choqué. La surface de la terre est constituée de 70 à 70% d’eau, il y a plus d’air que de terre ou d’eau sur notre planète et pourtant les anciens ont nommés notre astre, la TERRE. Quelle plus belle représentation de l’importance de nos sols que d’appeler notre planète la Terre ?

Lydia et Claude Bourguignon nous emmènent dans un voyage extraordinaire sur un monde inconnu. Nous connaissons les océans, l’espace, l’intérieur de la terre alors que nous ne connaissons pas le sol qui est notre mère nourricière. Peuplé de milliards d’habitants, on se rend compte, avec ce livre, de l’importance du sol et de son rôle dans la typicité des vins que nous pourrions nomme minéralité. Les échanges chimiques qui se produisent dans le sol sont d’un incroyable équilibre et l’on s’aperçoit que le travail de certains paysans n’a aucun respect pour cette complexité. Lessivage des sols, amendements de produits phytosanitaires tuant les champignons qui sont l’essence même du sol, destruction des résonnances chimiques complexes qui apportent toute la vie dans nos sols.

Ne pas respecter le sol, c’est ne pas respecter la nature. Et ne pas respecter la nature c’est ne pas respecter l’être humain qui à besoin d’elle pour vivre…..

Ambroise Chambertin

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