Quand la Chine sera le premier pays producteur de grands vins

J’ai eu la chance, par mon second métier, de visiter un nombre important de winery en Chine. Ces visites ont eu lieu il y a 3 ans et depuis le monde du vin en Chine a fortement évolué, s’est transformé, à compris les enjeux qui l’attendait.

L’une des premières choses qui m’a le plus impressionné dans ces visites est la qualité du climat. La Chine possède de nombreux micro-climats, à l’instar de la France et de l’Europe, lui permettant de produire des grands vins dans toutes les familles de vins. Des moelleux aux vins blancs secs, des vins très typés bordelais aux pinots noirs exceptionnel.

L’autre réalité chinoise, que les acteurs de la filière vin doivent prendre en compte, est la qualité des sols. La Chine est l’un des pays les plus calcicoles au monde. Son sous-sol regorge de terroirs calcaires et la faible « industrialisation » de l’agriculture laisse les sols dans un état favorable à la culture de grands vins. Au delà du calcaire, les zones de plantation en Chine, sont aussi largement argileuses et certains terroirs (notamment à l’Est de Beijing) possède des graves aussi qualitatives que celle du bordelais.

Aujourd’hui, la filière vin en Chine est en train de s’organiser, de se développer et l’apport des techniques mondiales de vinification fait prendre conscience aux chinois des capacités de leurs terres.

Je reste persuadé que dans une cinquantaine d’années, la Chine sera la première productrice de grands vins au monde. L’appétence des chinois pour la consommation de vins (signe évident d’occidentalisation due à la réussite sociale) est un vecteur pédagogique amenant ces derniers à rechercher des vins de qualité. Aujourd’hui, ces derniers n’existent pas sur le territoire chinois. Mais leur capacité de compréhension et leur volonté de développement est telle qu’ils comprendront rapidement comment produire des grands vins. Et les chinois sont relativement « nationaliste », si je puis m’exprimer ainsi. De fait, après avoir consommé les vins de Bordeaux et de Bourgogne, nul doute, que la prochaine mode sera de boire des grands vins chinois. Et quand on connait le nombre de chinois issus de la classe moyenne on se dit que la demande des « huge » (très importante, immense) comme on dit en anglais.

La Chine sera t-elle l’eldorado des grands vins de demain ? Je le pense. Cela aura t-il un impact sur les grands vins français ? Je ne le pense pas, car à l’instar des nouveaux pays producteurs, la France possède une histoire, une culture, une identité vin que nombre de pays ne peuvent proposer. En se focalisant sur la qualité, les producteurs français auront toujours des débouchés. A condition que le changement climatique nous laisse la possibilité de toujours produire des grands vins dans de zones de production actuelle.

Mais cela est un autre débat.

Yohan Castaing

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*