Réhabilitons les rosés, ils le méritent.

Réhabilitons les rosés, ils le méritent.

Choisir un vin au restaurant peut paraître tâche ardue pour qui ne s’y connaît pas trop. Heureusement, me direz-vous il y a les sommeliers…Enfin, quand le restaurant s’octroie les moyens d’embaucher un représentant de la cause. Près de 2/3 des restaurants français ne possèdent pas de sommeliers et souvent le serveur, se déclarant spécialiste en vins, fait l’affaire quand ce n’est pas le patron lui-même. Aussi, choisir relève de l’effort de contrition, d’une réelle capacité de compromission. Et si l’on rajoute à cela qu’il est assez rare que les convives prennent tous le même plat, il en résulte un casse-tête impressionnant.

Face à cet imbroglio, les vins rosés font office d’alternatives crédibles. Et les consommateurs ne s’y trompent pas. D’autant que les rosés, par leurs fraîcheurs, leurs tensions, leurs arômes et souvent leurs abords beaucoup plus décomplexés, restent source de simplification en s’accordant à merveille avec de nombreux plats.

Pas de clichés, osez la différence.

Inutile de tomber dans les clichés anglais ou américains d’une obligation culturelle de servir des rosés avec une cuisine provençale. Italienne, espagnole, bordelaise, marseillaise, provençale, bretonne, le rosé s’acoquine avec tout le monde, tous les plats, toutes les origines.

Et même si mon goût va plus vers des vins avec du caractère, des spécificités organoleptiques comme les vins de Tavel, du Domaine de la Mordorée, de Eric Pfifferling, de l’incroyable Antoon Jeantet-Laurent ou de quelques châteaux bordelais, je dois avouer, désormais, un certain plaisir à consommer des rosés de la France entière, sans échapper, parfois, à une petite escapade européenne.

Il est même possible désormais de parler de cépages adaptés aux rosés. Prenons Bordeaux. La majorité des vins de rosés sont élaborés à partir de merlot ou de cabernet-sauvignon, là où le côté épicé et tendu du cabernet franc, convient mieux. En Languedoc, le cinsault n’est, pour moi, pas le meilleur exemple de rosé réussi. Je préfère le grenache et le mourvèdre, à condition que ce dernier trouve une terre d’élection. Dans le Rhône, le grenache est roi, bien sûr, mais le mourvèdre et la syrah, dans une moindre mesure, peuvent rivaliser avec les plus grands. Et en Provence….Le travail est encore long. Je ne peux aller à l’encontre des consommateurs qui, par leurs achats, valident une pâleur de rosés. J’aimerais tellement que les structures décharnées, parfois squelettiques, laissent la place à une bouche juteuse, pulpeuse, croquante comme on les aime. Mais les consommateurs valident, il nous faut donc nous adapter.

Quelle que soit la région, quels que soient le plat, le moment, le restaurant, les rosés sont désormais les compagnons des repas décontractés et estivaux. Ils sont food-friendly comme disent nos amis britanniques. Alors, pensez Rosé pour l’été et aidez-vous de la liste « les rosés de l’été » éditée par Anthocyanes.fr pour élaborer votre propre sélection. Bon été !

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