Roederer et la biodynamie

La maison Roederer vient de racheter 12 hectares au domaine Leclerc-Brillant conduit en viticulture biodynamique. Le décès de Pascal Leclerc-Brillant en 2010 a sonné le glas de ce domaine (Lanson BBC ayant racheté 13 hectares de vignes du même domaine).

Avec 230 hectares dont 37 suivants les préceptes de la biodynamie, la maison Louis Roederer est la première maison de Champagne dans la culture biodnyamique. Dès 2000 la maison s’est orientée vers cette culture avec des nombreux problèmes dès le début. Sur le blog de la maison, Jean Baptiste Lecaillon, chef de caves nous explique leur vision, notamment en terme de charge de travail :

« Ce dont nous nous sommes rendus compte, c’est que loin d’être irrationnelle, la biodynamie consiste à revenir au traditionnel, au bon sens, en même temps que bien sûr à mieux respecter l’environnement, à être encore plus proche de la nature. Un surcroît de travail, oui, parce que c’est vraiment le retour de l’homme dans la vigne au quotidien, il faut veiller sur la vigne comme le lait sur le feu. Retour de l’homme et aussi du cheval, comme on le voit sur la photo : tout est naturel ! C’est le contraire de l’idée des années 70, on arrose avec tel ou tel produit et on a plus rien à faire jusqu’aux vendanges. Avec la bio-dynamie on est vraiment au cœur de la Recherche de l’Œuvre de Roederer, une recherche de tous les jours ! »

L’un des aspects les plus intéressants avec la biodynamie réside dans le fait que les vins sont différents des autres méthodes culturales. Certains dégustateurs peuvent les trouver différents dans leur jeunesse mais tous abondent dans le sens de la longévité. Mr Lecaillon exprime cela parfaitement :

 » Grâce à l’approche scientifique de Roederer, nous avons pour chaque vigne en bio sa sœur témoin en « raisonné plus », donc nous pouvons comparer. Chaque hiver, on goûte. Ce que l’on peut dire à ce jour, c’est que la biodynamie donne des vins différents; certes plus rustiques dans leur jeunesse, mais ayant aussi plus de tempérament et peut-être – peut-être ! – un plus grand potentiel de vieillissement. C’est encore tôt, nous travaillons sur un rythme de temps long, à pas comptés, dans un atelier de patience, notre travail est pour la génération qui nous succèdera. C’est un travail passionnant, pour nous mais aussi pour nos amis dégustateurs qui viennent du monde entier dans notre « laboratoire » goûter nos recherches, la vigne en biodynamie, la comparaison avec sa vigne témoin… »

Gageons que la maison Roederer aura l’intelligence et le bonheur de réaliser une cuvée spéciale Biodnymie nous permettant, nous aussi, de déguster ces Champagnes qui ont l’air fascinants.

Yohan Castaing

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