Une étude sur les terroirs…

Voici, en avant première, un extrait du prochain numéro de Février du magazine Anthocyanes.

En affirmant que le terroir n’existe pas ou qu’il n’est qu’un élément mineur de la constitution des grands vins, l’homme se fourvoie dans une volonté simpliste et un rejet de la beauté de la nature. Le terroir souffre de la volonté simplificatrice et du décorticage en différentes matières scientifiques de l’étude des sciences de la terre. Scinder permet de garder son pré carré, d’éliminer les penseurs globaux, de s’absoudre spécialiste d’une matière unitaire. Pourtant les sciences du vivant ne doivent pas souffrir de cette volonté de scission, elles doivent renaître dans la notion de complexité chère à Edgar Morin. La personnalisation de la science reste un élément destructeur de la compréhension de la nature. C’est par la transversalité que la compréhension du champ naturel se réalisera. Rien ne pourra remplacer la contemplation, l’observation et les analyses empiriques des sols chers à nos anciens. La logique aristotélicienne reste l’une des forces de cette observation car elle est née dans la déduction expérimentale. C’est par l’acceptation d’une pensée globale et non globalisante que le terroir renaîtra. Pas une pensée stéréotypant les idéaux mais une pensée libre, simple, consciente de ce que la nature peut lui offrir. Une pensée respectueuse et ouverte, compréhensive et structurante. Se laisser envahir par la nature c’est l’accepter pour mieux la comprendre. Vivre avec elle et par elle permet au vigneron de devenir ce qu’il n’aurait jamais dû oublier, l’essence même de son métier : un créateur de sensations. Comprendre le terroir c’est proposer des vins nobles, des vins respectueux d’une certaine vision de la vigne, des vins représentant l’incroyable force de la nature et l’inavouable harmonie de la terre et des hommes. Réaliser des vins de terroirs c’est comprendre que « le vin est plus affaire de philosophie que de technique[1] ».

Pour télécharger gratuitement l’article sur les terroirs du numéro de Janvier/Février/Mars d’Anthocyanes, cliquez ici.


[1] Henri Jayer dans « Ôde aux grands vins de Bourgogne » de Jacky Rigaux.

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