Vendanges 2017, y aller ou pas ?

Vendanges 2017, y aller ou pas ?

Le millésime 2017, encore sur pieds, aura fait couler beaucoup d’encre, et de sueur. Par une nuit froide et gélive, l’espoir de certains tourna rapidement au désespoir. En quelques minutes, en quelques heures, plus de récolte. Les vignes flétrirent, les raisins s’amoindrirent.

Très vite, les médias (dont votre honnête serviteur) s’emparèrent de la situation pour dire la noirceur d’une situation déjà bien inquiétante. Vinrent, toujours un peu en retard, les politiques et les institutionnels, ventripotents de leur aise recuite, proposer des solutions « d’aide » pour qui voudrait bien opiner du chef et sécher ces larmes que nous ne saurions voir.

Les besogneux, les plus intelligents finalement, retournèrent dans les vignes. Après le temps des lamentations, ce fut le temps du travail et de l’action. Eux, n’ont rien à vendre que leurs forces de travail. Alors, ils mirent de la force dans l’ouvrage.

D’avril à aout, ils pansèrent les plaies d’une vigne souffreteuse, à la langue chargée, à l’oeil vitreux. Quelques pics de chaleur vinrent à point nommé pour griller la malodorante pyrazine. La Nature reprit ses droits. Lentement, doucement, savamment, allègrement. Le millésime se mit en place pendant l’été, comme toujours finalement.

Il est temps désormais de vendanger, de récolter les efforts d’une année. Et quelle année ! Les raisins semblent sains, vigoureux, étonnamment beaux. Et devant le ciel qui s’assombrit au moment opportun, apportant quelques gouttes de pluie bienfaitrice, la tentation n’est pas loin d’attendre. La plaie à peine refermée, il est toujours anxiogène de récolter trop tôt, trop vite. Mais voilà, il est souvent des attentes qui ne sont qu’illusoires. Attendre, c’est croire au rattrapage d’une année désastreuse. Rien que de très naturel.

Alors, la vendange 2017 se jouera sur deux registres. Ceux qui vont commencer au début du mois de septembre et ceux qui vont attendre. Et cette fois-ci, le plus rapide pourrait bien, contrairement à la maudite fable, avoir une longueur d’avance.

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