Vers des champagnes de lieux ?

Vers des champagnes de lieux ?

Plus que jamais concurrencés sur l’ensemble des marchés par l’arrivée des cavas ou autres proseccos, les maisons et les vignerons de Champagne abordent les fêtes de fin d’année de manière dichotomique avec une certaine appréhension et un vrai espoir. Appréhension d’un marché qui ne se développe que très peu, arrivée de concurrents sérieux aux rapports qualité/prix parfois très intéressants et espoir d’un renouveau viticole dont toute la Champagne semble être consciente.

Mue par la volonté des vignerons indépendants de proposer une offre différente et suivie par de nombreuses grandes maisons, l’évolution philosophique de la Champagne, de vins conçus avec l’esprit maison et rien que l’esprit maison, tend vers une mise en avant des terroirs, des parcelles, des différents clos constituant ce beau vignoble.

Autrefois cantonnée aux cuvées élitistes des grandes maisons, la mise en avant des terroirs est aujourd’hui l’affaire de tous et n’est plus l’apanage des pionniers comme Anselme Selosse, Egly-Ouriet, De Sousa ou autres Agrapart qui fut l’un des révélateurs des champagnes de lieux comme aime à le dire Jacky Rigaux.

Les sélections parcellaires fleurissent donc dans le vignoble, comme d’ailleurs les fleurs et la flore beaucoup plus abondantes, car cette prise de conscience de la nécessité de réaliser des vins de lieux se couple, inévitablement, à des pratiques viticoles bien plus rigoureuses et respectueuses de l’environnement. La biodynamie fait son chemin, dans une région où elle n’est pourtant pas facile à implanter, et la vision productiviste des années d’après-guerre jusqu’aux années 90, tend à s’étioler. Tout cela procède évidemment d’une prise de conscience générale qui englobe l’ensemble de la Champagne.

Et même si quelques maisons rechignent, le temps fera son oeuvre et imposera une vision culturale bien plus respectueuse de l’ensemble des acteurs de la Champagne viticole.

Que cela n’augure en rien une volonté de disparition des styles maison qui ont fait, et qui resteront, l’apanage de la Champagne. Une maison s’identifie par et pour son style et chaque terroir, aussi qualitatif soit-il, peut être travaillé dans cet état d’esprit. Il convient de le voir comme une nouvelle corde à son arc dont les viticulteurs champenois auront besoin pour faire face à une concurrence de plus en plus structurée.

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