Vin de la semaine : Vincent Caillé – Muscadet Sèvre et Maine – Clos de la Févrie – 2014

Vin de la semaine : Vincent Caillé – Muscadet Sèvre et Maine – Clos de la Févrie – 2014

closdelafevrieMercredi nous avons évoqué les velléités de certains à vouloir planter du chardonnay, du colombard ou des clones plus productifs de melon de Bourgogne dans l’appellation muscadet. Une volonté de mise sous cloche pour produire toujours plus sans se soucier, ni de l’identité de l’appellation, ni de la culture du lieu. Une industrialisation à l’œuvre qui lui fera perdre tout son ADN.

Alors aujourd’hui, je me permets de mettre en avant l’une des références de la région. Juste pour faire prendre conscience à ces personnes que le muscadet n’est pas mort et qu’il peut encore produire de très grandes choses. Vincent Caillé est un vigneron exceptionnel. Lui, il l’aime son cépage unique, le melon de Bourgogne. Il le bichonne toute la journée, travaille les sols, réduit les rendements.

La famille Caillé possède le domaine depuis 5 générations et Vincent préside aux destinées epuis 1986. Il est sans concession, Vincent. La qualité, rien que la qualité. Labours, enherbement contrôlé, levures indigènes, élevages sur lies…bref tout l’attirail pour produire bon. Il avoue « officiellement » être en bio depuis 2007 et mener quelques expérimentations en biodynamie depuis 2012. Peu importe la chapelle, son seul crédo c’est la qualité !

Avec ses 27 hectares sur la commune de Monnières, au sud-est de Nantes, il en faut du courage et de l’abnégation pour contrôler un cépage sensible au mildiou à cause d’un climat océanique. Il en faut de la passion pour mener à bien, tous les jours, des travaux aussi longs qu’harassants.

On n’a rien sans rien. Ce travail de « romains » procure des vins d’une fraîcheur magnifique, d’une qualité de toucher de bouche ahurissante. Des vins juteux, presque crémeux pour des muscadets avec un grain sublime et aucune acidité mordante ou piquante. De la dentelle, du soyeux, du plaisir. Un muscadet qui se départira volontiers de son sempiternel accord avec les huîtres pour essayer quelques poissons blancs à même de magnifier l’ensemble.

Alors que nos grands intellectuels veulent amoindrir le travail de Vincent en autorisant l’ajout de cépages « d’ailleurs » au fantastique melon de Bourgogne, il faut entrer en résistance. Et quoi de plus noble et de plus normal que d’entrer en résistance en achetant quelques bouteilles et en levant nos verres à la santé de l’ami Vincent. Et à 8,50 Euros TTC départ cave du domaine, ce n’est plus de la résistance, c’est un acte sociétal.

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