Vitupérations et enfantillages bordelais

Le Bordelais dans son ensemble est un monde fascinant pour qui aime les grands vins et la sociologie de la néo bourgeoise paysanne. Terre de contraste et de valeurs, malheureusement souvent matérielle, il est toujours enchanteur d’observer du coin de l’oeil, les différentes danses des acteurs de la « place de Bordeaux » pour se plaire… Si ce n’était que cela, ce monde restera agréable, sympathique, avec des têtes de pont et ses têtes de turc. Rien de plus, rien de moins.

Malheureusement pour les viticulteurs du monde entier, il y a l’autre facette de Bordeaux et de la place. Les maisons spécialisées dans le marché gris ou parallèle. Ces sociétés de négoce qui n’ont que le nom et qui attendent avec impatience la sortie des notes Parker pour pouvoir spéculer à outrance sur des vins qu’ils ne verrons jamais. Car ici, la loi n’est pas la qualité intrinsèque du produit, la seule qui vaille est la note Parker. Ne nous méprenons pas, je ne suis pas en train d’attaque Mr Parker ( que je respect au demeurant ) mais l’utilisation spéculative de ces notes par des pseudo-négociants qui ne vivent que de « petite » spéculation. Leur objectif : revendre des vins du monde entier, et notamment de Bordeaux (d’où leur implantation), afin de gagner de l’argent facilement. Il est beaucoup plus facile de gagner de l’argent avec du vin  ( environ 20% de marge brute) qu’avec des placements bancaires !

Et le nec plus ultra dans ce monde d’apparence et de sournoiseries, c’est de voir ces mêmes négociants, qui commercialisent sans âme aussi bien en Chine ou en Grande Surface, organisés des dégustations de renom afin de valoriser leur image auprès de la profession et notamment auprès des propriétaires ( les mêmes qui sont utilisés et spoliés ) pour redorer leur image de distributeur de qualité. A notre plus grand regret cela fonctionne. Comme quoi, le bon sens paysan n’est pas toujours de mise dans ce monde du vin un peu trop immatériel à notre goût.

Mais gageons, que ces pseudos distributeurs, ces spéculateurs d’un nouveau temps, à l’instar de leurs collègues américain de Wall Street, apparaitrons au grand jour, sous leur vrai nom (pas celui d’emprunt d’une célèbre revue 🙂 ) et que les producteurs arrêteront de croire leurs beaux discours et leurs volonté éhontées de spéculer sur leur dos. Non le vin n’est pas un produit spéculatif, c’est un produit d’émotions, d’échanges, de passion et en aucun cas un produit financier dont le seul but est de parader devant ces copains en sortant des bouteilles hors de prix. Laissons les buveurs d’étiquettes à ce qu’ils sont, des atrophiés de l’esprit, des pisse dru, des égarés du capitalisme outrancier. Oui aux vins de passions, d’émotions, quel que soit le prix, mais directement acquis chez des négociants sérieux ou à la propriété.

Bordeaux et notamment un petit village de la rive droite est tombé bien bas et ces vitupérations et enfantillages bordelais nous fatiguent, nous épuisent et surtout nous éloignent de ce qui devrait être un vecteur de rapprochement : le vin.

Ambroise Chambertin

1 commentaires

  1. Superbe article bien senti et bien rédigé, ça fait du bien de se faire rappeler à l’ordre une fois de temps en temps. Un bémol, quelques fautes d’orthographe ça et là ;( Mais bravo pour ce bel essai ! 😉

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