2018 par Christine Vernay du Domaine Georges Vernay.

2018 par Christine Vernay du Domaine Georges Vernay.

Passionnée, déterminée, bien plus heureuse au milieu de ses vignes que dans le flot, parfois un peu trouble il faut bien le reconnaitre, du « mondovino », Christine Vernay cultive son jardin, plutôt son vignoble, avec une minutie et une précision qui font dire qu’elle réalise une viticulture de haute couture.

Et en 2018, cette passionnée de vigne et de terroir a pu laisser s’exprimer à merveille son sens inné de vigneronne. Jamais avare d’explications, elle pense le vignoble comme l’on vit le vin : avec amour. Difficile dès lors de donner une définition synthétique, donc simpliste, de cette année : « je qualifie un millésime comme vigneronne et j’essaye de les qualifier selon leurs singularités » prévient-elle. « 2018 c’est un très très beau millésime qui nous a fait souffrir pendant l’année avec des périodes de pluie au printemps où nous avons eu très peur. La vallée du Rhône nord a été bénie des dieux. En mai et juin, le soleil est revenu et heureusement car cela aurait été compliqué ».

En bio on ne fait que de la prévention, pas de curatif

Et lorsque l’on aborde les problématiques qui ont marqué le millésime (le mildiou), elle répond tout aussi franchement : « en bio on ne fait que de la prévention, pas de curatif. Mais suite au beau temps nous avons pu lutter grâce au vent qui sèche puis, avec la chaleur qui est arrivée, la pression est tombée » explique t-elle.

Georges Vernay
Georges Vernay et sa fille Christine Vernay.

« En agriculture on dit qu’un temps qui dure, ce n’est pas bon signe. Et nous avons eu une sécheresse. Donc les vendanges ont été réalisées le matin à la fraiche et les raisins mis en chambre froide pour lutter contre la chaleur. Elles ont été très longues, nous avons pris notre temps et cela me rappelle mon premier millésime en 1997. Aucune angoisse météorologique ! ».

« Nous avons quelques graines sèches mais sans l’excès de 2003. La vendange est très saine. Les degrés montent un peu en ce moment et par rapport à 2017 la maturité phénolique est plus équilibrée ».

Les acidités ne sont pas très hautes et je ne suis pas inquiète

« Les acidités ne sont pas très hautes et je ne suis pas inquiète. Je ne vais pas rectifier, le terroir prendra le dessus » avoue t-elle. « Les premiers jus de Condrieu (Coteau du Vernon) sont aromatiquement magnifiques avec de très belles notes d’abricot. Le millésime est marqué par la chaleur, mais pas par la surmaturité ».

Et à la question fatidique de la comparaison, elle répond : « j’ai encore du mal à le comparer. C’est 2018, généreux, avec peu d’acidité, mais friand ».
Que rajouter ? Rien !

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