Bye, bye my friend.

Bye, bye my friend.

Il est parfois des écrits dont on espère ne jamais les écrire. Malheureusement, la vie, cette grande chose si belle, mais parfois si dure et injuste, se charge de vous rappeler à l’ordre. Alors, on prend la plume, le coeur lourd, les idées brouillées avec des larmes encore humides sur les joues. Il faut dire que la nouvelle fut comme un coup de poignard.

On le savait malade, affaibli. Je lui ai parlé il y a quelques jours, juste avant les fêtes de fin d’année. Comme le grand homme qu’il était, il n’avait point voulu aborder de ce que l’on savait. Car l’inéluctable ne lui a jamais été caché. Il préférait prendre des nouvelles de ma compagne, de ma fille, connaitre les dernières nouvelles du monde du vin, les dernières bouteilles bues et appréciées.

Sa gentillesse n’avait d’égal que son humilité. Son savoir était immense, sa connaissance encyclopédique. Imaginez : Master Sommelier, Meilleur Sommelier du Monde, Master of Wine, diplômé de tout ce que le monde du vin peut connaitre comme diplôme. Une sommité en somme. Un grand homme. Lui qui, comme il aimait à le dire, « n’avez jamais fait d’études ».

Sa passion du football l’a porté jusqu’à Liverpool, pour un match contre son équipe de coeur, Saint-Étienne. Il tomba amoureux du pays. S’y installa. Y rencontra celle qui allait devenir son épouse, Nina. Elle était sa protectrice, sa plus proche collaboratrice, sa moitié, son énergie, sa vitalité. « Sans elle, me disait-il, je ne pourrais pas faire tout cela ». Pendant qu’il voyageait ou étudiait, elle était présente, dans l’ombre souvent sans un bruit, pour régler tous les détails de leur magnifique Hôtel du Vin de Winchester et plus tard, TerraVina. C’était sa moitié.

Son fils Romané était aussi sa fierté. Ses yeux s’illuminaient quand il parlait de l’intelligence de son fils, de sa réussite scolaire, de sa brillance.

Jamais il n’avait un mot plus haut que l’autre, toujours il partageait. Il aimait échanger, analyser, comprendre. Sa soif de savoir procédait d’une volonté de conquête. Comme en sport, pour lui gagner était un éternel but.

Et puis … Et puis, il y a eu cette saloperie. Il se battait ferme, comme toujours. Quand les médecins lui ont annoncé l’inévitable, il a fait face, il a trouvé un traitement alternatif, a continué à se battre, même si les allers-retours à Paris devenaient de plus en plus durs et fatigants.

Il s’est éteint ce matin, 16 janvier 2019. Tu vas nous manquer Gérard Basset.

Putain de maladie !

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