beaujolais_nouveau

C’est à nouveau l’heure du Beaujolais Nouveau

Il était temps ! Temps que le Beaujolais se réveille. C’est désormais chose faite depuis plusieurs années grâce à une salutaire prise de conscience collective qui tire la qualité vers le haut. Grâce aux dix crus du Beaujolais, la région connait un regain d’intérêt de la part des consommateurs du monde entier et des critiques internationaux. Évolution des gouts, prix devenus stratosphériques chez le voisin bourguignon, volonté des vignerons de laisser parler les fabuleux terroirs de la région résonnent comme autant de causes à cette embellie.

Même si cette évolution doit se confirmer dans les années à venir avec la montée en gamme de la viticulture, qui chez de trop nombreux vignerons laisse encore à désirer, elle a l’immense mérite de permettre à des familles engagées, fières de leur production, de vivre correctement de leur force de travail et d’investir dans une viticulture de haute couture dont on sait qu’elle est plus onéreuse que son pendant industriel.
Cette conscience collective rejaillit, de facto, sur l’ensemble du Beaujolais. Ainsi, les quelques cuvées que je vous soumets ci-dessous sont représentatives de l’effort commun. Qui aurait pensé, il y a encore quelques années, que le beaujolais nouveau, ce vin primeur traditionnellement consommé le troisième jeudi de novembre et oublié dès le lendemain, pourrait s’affranchir des codes que certains thuriféraires de la cause commerciale ont bien voulu lui imposer. Dans les années 1970, il connut, grâce au négociant Georges Duboeuf, un vrai engouement de la part des consommateurs internationaux. L’esprit festif à la française était certes plus mis en avant que la qualité des vins, mais le monde entier appréciait les arômes amyliques (vernis à ongles) ou le sempiternel « arôme de l’année », procédant souvent de la levure à la mode, qu’il soit de fraise Tagada ou de banane.

Fort heureusement, les vignerons épris de qualité, ceux qui sont à l’origine du paradigme gustatif, n’ont pas hésité à proposer des « nouveaux » qualitativement intéressants tout en restant financièrement abordables. Alors oui, la macération carbonique s’est muée en macération semi-carbonique imposant toujours une certaine standardisation des arômes, mais la qualité s’est grandement améliorée car ces vignerons-là ont le sens du vin. Aujourd’hui, le niveau des beaujolais nouveaux redevient intéressant et les prix restent tendres. En toute logique, ils reprennent leur place de « vins de l’année » dans le coeur des amateurs qui pourront attendre 6 mois à 1 an pour les consommer. Ils seront alors, dès le printemps, de fabuleux compagnons pour les premiers repas en extérieur.

wpDataChart avec identifiant fourni introuvable!