Champagne Deutz fait face à un appel au boycott

La bêtise d’un homme doit-elle rejaillir sur l’ensemble d’une marque ? C’est bien la question du jour avec la polémique visant la marque de Champagne Deutz.

Les faits sont assez simples. Patrick Rosset, commercial de la Maison Deutz, que son père Fabrice B. Rosset dirige, et qui appartient au groupe Roederer, s’est fendu d’un message Facebook virulent à l’encontre de la communauté chinoise. Il a appelé au boycott des produits chinois en réponse au développement du coronavirus, utilisant des termes aussi ridicules que fleurant bon la xénophobie basique.

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Sa réponse à une utilisatrice de Facebook (qui lui promettait de manière tout aussi virulente de devenir une véritable star sur ce réseau social) en lui demandant de « retourner à la mère patrie » est dans le même veine d’intelligence.

Ces propos ont mis en émoi la communauté chinoise, les amateurs de champagne et les professionnels du secteur. Très rapidement, son père, Fabrice B. Rosset, a publié un communiqué de presse s’excusant de cette attitude inappropriée affirmant que «  pas un seul mot que Patrick a pu dire ne reflète les valeurs de nos sociétés et de nos équipes » ajoutant «  en tant que père de Patrick, je présente mes plus sincères excuses à toutes les personnes en Chine qui se sont senties humiliées ».

L’importateur des champagnes Deutz, China Wines & Spirits (CWS Trading) a également publié un communiqué de presse spécifiant que la marque et son directeur ont présenté leurs excuses et qu’il est désormais temps de se concentrer sur un consensus pour lutter contre l’épidémie qui nous touche tous.

Mais l’affaire est, bien évidemment, montée d’un cran sur les réseaux sociaux. Les appels au boycott se sont multipliés, mettant au même rang, la marque Deutz et la stupidité d’un triste sire. Julien Boulard, tout récent Master of Wine et personnage influent sur les réseaux sociaux de l’Empire du Milieu, s’est même mué en personnage central de l’appel au boycott sous condition de la démission de Patrick Rosset.

Cette histoire est compliquée, la réponse à y apporter également. Mais conspuer une marque de champagne à cause des inepties publiées par un tel personnage, fût-il le fils du directeur général, n’est-il pas aussi idiot que les propos de l’individu en question ? Appeler au boycott d’une marque de champagne en réponse au boycott de produits chinois, n’est-ce pas là un mimétisme inutile alors que la situation exige une prise de recul et une réflexion d’ensemble, surtout de la part d’acteurs influents et responsables ?

Décidément, Facebook et les réseaux sociaux deviennent, jour après jour, semaine après semaine, un défouloir sociétal, une cour de récréation où l’adage oeil pour oeil, dent pour dent, semble être la norme.

Certaines personnes appellent au soutien de la marque, d’autres à son lynchage. Et l’on voit fleurir des doux noms et des imprécations inutiles. Ceux qui soutiennent sont soupçonnés de préserver leurs budgets publicitaires, ceux qui lynchent le font, soi-disant, pour le bénéfice d’autres marques. Tout cela est ridicule, comme d’habitude avec les réseaux sociaux.

La cour de récréation vient de se trouver une nouvelle victime.

Note : les comptes Twitter, Facebook et LinkedIn de Patrick Rosset ont tous été supprimés.

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